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Vaccination HPV : remboursement étendu jusqu’à 26 ans

La prise en charge du rattrapage vaccinal contre le HPV jusqu’à 26 ans, quels que soient le genre ou l’orientation sexuelle, marque une avancée importante en matière de santé publique. Cette mesure, recommandée en mai par la Haute Autorité de santé (HAS), rejoint les positions déjà exprimées par l’Académie nationale de médecine, plusieurs sociétés savantes et organisations professionnelles. Elle est désormais officialisée par un arrêté publié au Journal officiel du 12 décembre.

L’objectif est de permettre aux jeunes adultes non vaccinés ou insuffisamment protégés de bénéficier d’une prévention efficace contre les infections à papillomavirus humains, responsables chaque année de près de 6 400 nouveaux cas de cancers et de plus de 35 000 lésions précancéreuses en France. La HAS souligne en effet que près des trois quarts des jeunes adultes jusqu’à 26 ans n’ont pas encore été exposés aux HPV ciblés par le vaccin, tout en restant à risque élevé de contamination et de transmission.

Cette extension vise également à corriger une inégalité d’accès persistante : jusqu’à présent, le rattrapage était pris en charge jusqu’à 19 ans pour la population générale, et jusqu’à 26 ans uniquement pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Désormais, la recommandation s’applique de manière équitable à l’ensemble des femmes et des hommes.

La HAS rappelle toutefois que cette mesure ne remet pas en cause la priorité donnée à la vaccination précoce. L’efficacité du vaccin est maximale lorsqu’il est administré entre 11 et 14 ans, tranche d’âge ciblée notamment par les campagnes de vaccination en milieu scolaire déployées depuis 2023. Le rattrapage jusqu’à 26 ans constitue donc un levier complémentaire, au service d’une stratégie globale de prévention des cancers liés au HPV..

Messages clés pour la pratique

  • Le rattrapage vaccinal HPV est désormais remboursé jusqu’à 26 ans, sans distinction de genre ou d’orientation sexuelle
  • Cette extension repose sur un avis scientifique de la HAS
  • Le bénéfice individuel et collectif du rattrapage est démontré chez les jeunes adultes
  • La vaccination entre 11 et 14 ans reste prioritaire et ne doit pas être retardée
  • Cette mesure vise à renforcer durablement la prévention des cancers liés au HPV.

 

Références
• Haute Autorité de santé – Avis relatif à l’extension du rattrapage vaccinal contre les papillomavirus humains jusqu’à l’âge de 26 ans (mai 2025)
• Journal officiel de la République française – Arrêté du 9 décembre 2025 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables, publié le 12 décembre 2025

Vaccination HPV : une seule dose pourrait suffire

Une étude internationale publiée dans le New England Journal of Medicine montre qu’une seule dose de vaccin HPV n’est pas inférieure à deux doses pour prévenir les infections persistantes à HPV oncogènes. Ces résultats pourraient, à terme, modifier les stratégies vaccinales et améliorer la couverture mondiale.

Cette étude randomisée internationale, conduite par Kreimer et al. et publiée dans le New England Journal of Medicine, compare l’efficacité d’une dose unique de vaccin HPV à celle de deux doses chez des jeunes femmes. Après un suivi prolongé, les auteurs montrent que la protection contre les infections persistantes à HPV oncogènes est comparable entre les deux schémas, démontrant la non-infériorité d’une seule dose.

Ces résultats confirment l’hypothèse d’une réponse immunitaire durable après une injection unique et ouvrent des perspectives majeures en santé publique : simplification des calendriers vaccinaux, amélioration de l’adhésion et augmentation potentielle de la couverture vaccinale, en particulier dans les populations où l’accès aux soins est limité.

En France, les recommandations actuelles reposent sur un schéma à deux doses entre 11 et 14 ans, et trois doses au-delà, conformément aux avis de la HAS et du CNGOF. À ce stade, aucune évolution officielle n’est annoncée. Néanmoins, ces nouvelles données constituent un signal scientifique fort, susceptible d’alimenter les réflexions des autorités sanitaires françaises. Toute modification des recommandations nécessitera une évaluation complémentaire, notamment en population générale, avant une éventuelle adaptation des calendriers vaccinaux.

Source : Kreimer AR, et al. Noninferiority of One HPV Vaccine Dose to Two Doses. N Engl J Med. 3 décembre 2025. PMID: 41337735.