Lors de la réunion statutaire du Rotary de Bourg-en-Bresse du jeudi 25 avril 2024, le Président du club, Guillaume ÉCHAVIDRE, remettait un chèque de 3 500 euros, fruit de l’opération “Chocolats de Noël” au Président de la Ligue contre le Cancer, Jean BRUHIÈRE. C’est ce dernier, qui souhaitait illustrer l’objectif de l’utilisation de ces fonds, qui a invité l’intervenant du jour, le Professeur Benoît YOU.
Celui-ci a donc a pris la parole pour nous faire partager son projet IMMUNORARE puissance 5.
La première partie de son exposé a consisté à expliquer le principe d’action de l’immunothérapie, en expliquant comment fonctionne le système immunitaire chez chacun d’entre nous :
Il est constitué d’éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le soi du non-soi. Ce qui est reconnu comme « non-soi » est détruit, comme les pathogènes : virus, bactéries, parasites, certaines particules ou molécules « étrangères ». Il est hérité à la naissance, mais autonome, adaptatif et doué d’une grande plasticité. La première étape historique d’action sur ce système fut le développement de la vaccination, par lequel on introduit dans le corps des agents qui déclenchent une réaction du système immunitaire, lequel se souvient ensuite et protège le patient.
Alors qu’en est-il pour le cancer, sachant qu’il a déjà été constaté que certains cancers étaient efficacement combattus par l’organisme des patients ? Historiquement, il y eut l’expérience des toxines de Cooley, qui a, dès 1891, montré une régression de cancer avec l’injection de streptocoques.
L’enjeu de base est donc de changer l’équilibre intérieur à, chacun entre la stimulation de la réaction inflammatoire et le blocage de cette réaction inflammatoire. A cette fin, plusieurs possibilités sont ouvertes pour induire une réaction immunitaire :
– Démasquer les cellules tumorales, et ainsi les rendre « attaquables »
– Permettre la multiplication des globules blancs, ceux qui attaquent les intrus
– Éduquer les globules blancs avec l’ingénierie ou avec la vaccination
Ces différentes actions ont permis aux laboratoires de créer des médicaments maintenant très efficaces sur les cancers les plus fréquents. L’espérance de vie des personnes atteintes a crû très fortement pour les cancers tels que ceux du sein, de la prostate, du cancer colorectal, et des mélanomes, par exemple.
Mais ce développement a laissé au bord du chemin les personnes qui souffrent de cancers rares, dénommés ainsi lorsque qu’on est sur moins de 6 cas chaque année pour 100 000 habitants. C’est le cas par exemple, des tumeurs qui touchent la paroi musculaire de l’utérus, cancer dit de la grossesse. Pour tous ces cas, le seul recours est celui des chimiothérapie « traditionnelles », qualifiées par le Professeur YOU de « solutions des années 50/60 ».
C’est de ce constat qu’est né le projet du Professeur YOU et de ses équipes, nommé IMMUNORARE puissance 5. Puissance 5, car il s’attaque à 5 types de cancers rares. L’idée de base est de faire pour ces cas un véritable essai clinique pour vérifier les conditions d’efficacité et d’usage de médicaments utilisés pour les autres cancers, le Zimberelimab, qui démasque les cellules tumorales, et le Domvanalimab, qui active les lymphocytes, du laboratoire américain Gilead ®. Les 5 cancers rares en expérimentation seront :
– le mésothéliome du péritoine
– Les tumeurs trophoblastiques (cancer de la grossesse)
– Les cancers du thymus
– Les cancers de la thyroïde
– Les cancers neuroendocriniens
Le projet s’appuie sur les centres français ayant développé une expertise très forte, tous des centres nationaux labellisés de référence (les HCL de Lyon en pilote du projet, avec les équipes du Professeur YOU, avec Strasbourg, Lille, Paris (3), Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Marseille).
Il aura deux grandes composantes :
– Un contrat avec Gilead ®, qui financera les essais cliniques et fournira les médicaments, les HCL gardant la responsabilité de la conduite des essais et de l’organisation du projet. Cette partie disposera d’un budget d’environ 2 Millions d’euros.
– Une composante plus spécifiquement liés aux travaux à réaliser pour que ce projet porte ses fruits, sur la recherche en biomarqueurs sanguins, tumoraux, selle et salive, afin de déterminer les biomarqueurs permettant de mieux cibler les traitements et les patients, et une composante recherche en imagerie, et manipulation des données pour en tirer le maximum d’enseignements. Cette partie n’est pas financée et le Professeur YOU et ses équipes ont besoin d’un budget d’environ 150 000 euros pour les mener à bien.
Et c’est là tout le sens des partenariats possibles avec des structures telles que celle du Rotary.
Luc GENESSAY Secrétaire du Rotary-Club de Bourg-en-Bresse