Le directeur du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon va recevoir le Grand Prix de la Fondation pour la recherche médicale, alors que la start-up Netris Pharma, qu’il dirige également poursuit ses essais cliniques sur un anticorps bloquant la résistance aux chimiothérapies et aux immunothérapies. Déjà lauréat de nombreux prix, Patrick MEHLEN, directeur du centre de recherche en cancérologie de Lyon (CRCL) s’est vu remettre le lundi 8 décembre le Grand Prix 2025 de la Fondation pour la Recherche Médicale. Doté d’un montant de 120 000 €, ce prix distingue chaque année une personnalité du monde scientifique de renommée internationale pour sa contribution exceptionnelle au progrès de la connaissance scientifique dans le domaine médical.

Deux  publications dans “Nature” en 2023. Biologiste cellulaire de formation, ancien élève de l’ENS de Lyon, Patrick MEHLEN  est un spécialiste de la mort cellulaire. Il a découvert qu’une protéine Netrin I dont le rôle est important au cours du développement embryonnaire, était également présente dans les cellules tumorales et qu’elle était impliquée dans la résistance aux traitements anticancéreux (chimiothérapies et immunothérapies). À la suite de cela, ce directeur de recherche de classe exceptionnelle au CNRS et son équipe ont créé en 2008 la start-up Netris Pharma. Hébergée au Centre Léon Bérard, elle fabrique un anticorps capable de bloquer la protéine. Et donc le processus de résistance au traitement. Ces 2 découvertes ont fait l’objet de 2 articles publiés en 2023 dans la prestigieuse revue “Nature”.

 

 Des essais cliniques sur les cancers ORL et du pancréas.

Depuis, Netris Pharma a rendu publics des résultats intermédiaires dans son premier essai clinique “Immunonet”, actuellement en phase 2.
Portant sur 25 patients en rechute d’un cancer ORL et résistants à l’immunothérapie, ces résultats montrent que l’association de l’anticorps avec l’immunothérapie permet à ces patients de redevenir sensibles au traitement dans 50% des cas, et améliore donc la survie. “Nous avons déjà, avec la moitié des patients, un taux de succès supérieur à celui que nous nous étions fixés pour la totalité des patients”, se réjouit Patrick MEHLEN.

 

Un traitement d’ici 3 à 5 ans
Un autre essai de phase I B associant l’anticorps à la chimiothérapie dans le cancer du pancréas semble également prometteur. Pour ces 2 types de cancers de mauvais pronostic, le chercheur lyonnais espère une généralisation de ces nouvelles associations d’ici 3 à 5 ans.

D’autres études sont en cours sur les cancers du foie, et de l’endomètre. Après des résultats encourageants sur la souris, un essai clinique devrait également être lancé sur un cancer pédiatrique, le médulloblastome.

Selon Patrick MEHLEN, le mécanisme d’action de l’anticorps devrait s’appliquer à l’ensemble des cancers.

 

Le Progrès. 12 décembre 2025 S. Montaron. Photo JB

Le Professeur Patrick MEHLEN est membre du Conseil d’Administration et Conseiller Scientifique du Comité de l’Ain de la Ligue contre le cancer