Magazine Vivre n° 398, 100ème anniversaire Si les traitements prescrits pour lutter contre le cancer du sein ont amélioré considérablement le pronostic vital des patientes, ils peuvent toutefois bouleverser leur vie sexuelle. Pourtant, des techniques efficaces permettent d’améliorer le confort des femmes concernées. Par LINDA TAORMINA Magazine Vivre N° 398
La radiothérapie provoque une altération des tissus mammaires, et donc une sensibilité exacerbée au niveau de la poitrine, ce qui entraîne des désagrément avec le partenaire au moment d’un rapport sexuel. La chimiothérapie, elle, occasionne souvent de la fatigue, la perte des cheveux, des nausées, des problèmes de transit et parfois une irritation des muqueuses susceptible d’entraver les relations sexuelles.
Quant à l’hormonothérapie, elle consiste à bloquer les œstrogènes, hormones jouant un rôle majeur dans le fonctionnement de la libido, pour éviter qu’elles stimulent le cancer. Résultat : baisse de la libido, sécheresse vaginale, douleurs pendant et après les rapports sexuels, atrophie vulvo-vaginale, bouffées de chaleur, troubles de l’humeur, infections urinaires… autant de facteurs aggravant la diminution de l’intérêt sexuel.
Le point de vue du médecin : Dr Fabienne Marchand-Lamiraud,
gynécologue à la Polyclinique Santé Atlantique à Nantes (44)
« Lorsqu’elles découvrent que les traitements anticancéreux ont un véritable impact sur leur sexualité, la plupart des patientes tombent des nues ! Elles n’ont pas été informées ou pas suffisamment avant des conséquences de la sécheresse vaginale sur leur qualité de vie. Beaucoup renoncent à la sexualité, ce qui a un impact négatif sur leur couple et leur estime de soi. Dans les cancers du sein, les traitements antihormonaux peuvent être prescrits pendant dix ans. Certaines patientes interrompent leur traitement pour retrouver une qualité de vie et une sexualité épanouissante. Heureusement, des techniques existent pour améliorer leur confort, mais il a fallu deux ans pour que je parvienne à faire voter à l’unanimité l’Assemblée nationale, puis le Sénat, qu’une prise en charge dans le cadre des soins de support soit enfin à l’étude au cabinet du ministère de la Santé. Réponse courant 2023… »