PAR CHARLÈNE CATALIFAUD Quotidien du médecin  14/12/2022

La Nouvelle-Zélande va progressivement mettre en œuvre une interdiction quasi totale du tabac à partir de 2023 en empêchant quiconque né après 2008 d’acheter des cigarettes, ainsi qu’en réduisant la quantité de nicotine dans les produits disponibles à la vente.
Selon le texte adopté ce mardi 13 décembre par le Parlement et destiné à réduire le nombre de personnes consommant des produits à base de tabac, l’âge légal pour pouvoir fumer sera relevé chaque année.

Ces dispositions sont une étape « vers un futur sans tabac », a annoncé Ayesha VERALL, ministre associée à la Santé. Par ailleurs médecin, elle a été la force motrice de la législation.
« Des milliers de personnes vont vivre plus longtemps et en meilleure santé, et le système de santé bénéficiera de 5 milliards de dollars néo-zélandais (3 milliards d’euros) en n’ayant pas à traiter les maladies provoquées par le tabagisme, comme de nombreux types de cancers, des crises cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et des amputations », a-t-elle indiqué.
Un taux d’adultes fumeurs de 8 %

Alors qu’en France, 31,9 % des adultes de 18 à 75 ans ont déclaré fumer en 2021 selon le dernier baromètre de Santé publique France, le taux d’adultes fumeurs est bien moindre en Nouvelle-Zélande, où il atteint 8 %. Le texte adopté mardi et nommé « Environnements sans tabac » est destiné à réduire ce taux à moins de 5 % d’ici à 2025.
Le nombre de vendeurs autorisés à vendre les produits du tabac va être réduit à 600, une diminution considérable par rapport aux 6 000 que compte aujourd’hui le pays. La quantité de nicotine sera également « réduite à des niveaux n’entraînant pas de dépendance », a ajouté Ayesha VERALL.Selon les détracteurs du texte, ces mesures pourraient alimenter un marché illégal et non réglementé de produits du tabac. Aucune interdiction ne vise cependant les dispositifs de vapotage.