On estime à 11 millions le nombre de bénévoles associatifs en France. À la Ligue contre le cancer, ils sont près de 12 000 à s’engager dans les 103 comités départementaux.

23% des français sont bénévoles dans une association en 2023, un chiffre qui retrouve son niveau d’avant la crise sanitaire de 2019

Tous les jours des personnes bénévoles œuvrent souvent dans l’ombre et une grande partie de l’action sociale et culturelle du pays repose sur leurs seules épaules

Si les bénévoles se mettaient en grève la France serait à l’arrêt résume la sociologue Dan Ferrand-Bechman professeur émérite à l’Université Paris 8.

Ces personnes non rémunérées interviennent dans tous les secteurs, les sports, la culture, la justice, la santé, dans les associations, mais aussi dans de nombreuses entreprises d’administration comme l’hôpital ou l’école, qui s’appuient sur une main-d’œuvre bénévole.

Engagé sur tous les fronts

A la Ligue les bénévoles sont à la fois l’essence et le moteur des actions.

Ils jouent un rôle majeur tant sur le terrain, pour la collecte de fonds, l’animation des comités, et l’organisation d’événements, que dans les instances de décision car même les administrateurs sont bénévoles.

Certains bénévoles sont également patients-ressources : ils partagent bénévolement leur expérience de la maladie et du parcours de soins auprès de personnes traversant la même épreuve, auprès de leurs proches, ou auprès de professionnels de santé.

 

Multitâches, les bénévoles de la Ligue ont également pour point commun d’avoir été pour la plupart touchés directement ou indirectement par le cancer.

On observe un large éventail de motivations chez les bénévoles de toutes les associations et globalement les personnes touchées par un problème, concernées directement par une question, ont tendance à être vraiment engagées. C’est ce que l’on observe à la Ligue qui mobilise de nombreux anciens malades.

La maladie transcende leur motivation et leur pratique. Alors qu’une tendance au “zapping” est observée chez les bénévoles qui passent volontiers d’une association à une autre, ceux de la Ligue manifestent une fidélité qui force l’admiration.

Le nouveau visage du bénévolat

Une grande partie des bénévoles de la Ligue sont d’anciens travailleurs à la retraite. Or l’engagement de cette partie de la population a tendance à s’émousser à l’échelle nationale.

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène, souvent lié au fait que les seniors sont de plus en plus sollicités pour s’occuper de leurs petits-enfants, mais aussi quand ils ont la chance d’être en bonne santé, pour venir en aide à leur entourage, voire à leurs aînés.

On assiste aussi à un rajeunissement des bénévoles : les jeunes entrent plutôt dans le bénévolat, souvent pendant leurs études, et dans l’objectif d’acquérir une première expérience qu’ils ajoutent désormais sur leur CV.

 

Réussir le défi intergénérationnel

Pour la Ligue et pour de nombreuses autres associations un nouveau défi consiste à continuer de fidéliser les bénévoles “historiques”, à la fois engagés et compétents ; tout en captant de nouveaux profils.

Pour aller à la rencontre des plus jeunes, la Ligue a notamment renforcé ces dernières années sa communication sur les réseaux sociaux et propose des offres en service civique, un dispositif réservé aux 16- 30 ans

La Ligue vise également sa capacité à former les bénévoles, à les encadrer pour maintenir ce ciment moral qui lui est cher, pour apporter un soutien sans faille et une valorisation de leur implication.

Ces atouts devraient permettre de conquérir davantage de bénévoles dans un contexte où les professionnels de santé auront de moins en moins de temps à consacrer aux personnes malades et que la Ligue sera plus que jamais mobilisée.

Les 12 000 bénévoles de la Ligue :

– 56% ont plus de 62 ans
– 56 % sont des femmes
– 55 % consacrent quelques heures par an au bénévolat
– 36 % donnent du temps lors de manifestations diverses
– 30 % participent à des collectes de fonds

 

VIVRE n° 405, mars 2025