Si la loi EVIN de 1991 a interdit la publicité pour le tabac en général, elle n’a pas interdit sa présence dans les films, dès lors que le but ou l’effet de cette communication n’est pas « de nature publicitaire ». Selon une enquête de la Ligue contre le cancer, le tabac était représenté dans 80 % des films en 2012, pendant en moyenne 2,4 minutes par film. Et les enquêtes menées entre 2021 et 2024 retrouvent encore la présence de tabac dans 90 % des films pour une durée moyenne de 2,6 minutes soit l’équivalent de six spots publicitaires par film !
Or, la présence de tabac sur les écrans, fortement associée à des qualités positives comme la confiance en soi ou l’indépendance, incite à fumer ou à reprendre le tabagisme. Il est établi que les jeunes âgés de 10 à 14 ans, souvent exposés au tabac sur les écrans, ont un risque 2,6 plus élevé de commencer à fumer, comparativement à des jeunes non exposés.
Et selon une étude de 2014, la présence du tabagisme dans les films expliquerait 37 % de l’initiation à la cigarette. Des données qui doivent être mises en parallèle avec une augmentation du temps passé devant les écrans pour deux tiers des jeunes.
Entretien avec le Docteur Gérard PFEIFFER « (CHR Metz Thionville) Emmanuel RICARD (Ligue contre le cancer) Nathalie LAJZEROWICZ (Bordeaux) et Olivier GALERA (Toulouse).
Quotidien du médecin Hebdo. Numéro 10 048 vendredi 29 novembre 2024