La lutte contre le cancer, plus que jamais notre cause à toutes et à tous !
Dans un contexte de crise sanitaire qui a fragilisé les personnes malades et à l’issue des élections présidentielles et législatives de 2022 il est plus que jamais urgent de faire de la lutte entre le cancer notre cause commune à toutes et à tous. 

 

 

 

Le cancer, plus qu’une probabilité, une réalité :

 

le cancer nous concerne à tout âge. Il surgit à cause de multiples facteurs familiaux, environnementaux, hygiène de vie etc., et nous avons autant de risque d’en faire l’expérience que nos proches, parents, voisins, conjoint, ami….Un homme sur 2 et une femme sur 3 se verra diagnostiquer un cancer avant ses 85 ans. Presque 4 millions de Français vivent ou ont dû vivre avec un cancer. Tant de combats individuels passés ou à venir qui auraient pu et peuvent être évités. Et pourtant, le cancer n’a pas à être une fatalité.
La recherche scientifique, l’éducation à la santé, les mesures politiques volontaristes, et les campagnes de dépistage sont des moyens de lutter.

Des mesures à la hauteur de l’enjeu :

  • L’épidémie de la CoViD-19 a donné lieu à des conséquences désastreuses sur le parcours de soin des cancers : accès limités au dépistage, retards de diagnostic, pénurie de médicaments amplifiée. Le résultat : des cancers découverts tardivement et beaucoup plus difficiles à soigner.

  • L’accès à un congé pour les proches aidants des malades du cancer n’est toujours pas acquis

  • Le manque de position définitive des décideurs vis-à-vis des facteurs de risque (tabac, alcool, alimentation, facteurs environnementaux), alors que 40 % des cancers seraient évitables

  • Les moyens investis dans la recherche pour limiter les mauvais diagnostics ne sont pas assez conséquents

  • Les trop grandes inégalités territoriales en termes d’accès aux soins, au dépistage, et aux essais cliniques.

Autant de raisons qui amènent à affirmer que le cancer est un enjeu de santé majeure qui mérite toute notre attention.

 

Faisons dès aujourd’hui de la lutte contre le cancer, et pour la vie, notre cause ! Ne laissons pas le cancer être une éventualité à laquelle nous ne pouvons échapper. Ensemble, l’espoir est possible. Nous avons le pouvoir de faire entendre des propositions  qui nous protégeront collectivement.

LES DIX PROPOSITIONS de la LIGUE CONTRE le CANCER :

Proposition 1 : Le dépistage pour tous

La crise de la CoViD–19 a fortement impacté la continuité des actions de dépistage, surtout le premier confinement. Il est impératif de renforcer les campagnes de dépistage en France, de sensibiliser le grand public à son caractère essentiel, et de le rendre plus accessible à tous.

On estime entre 1 000 et 6 000 le nombre de décès supplémentaires par cancer, suite aux retards de dépistage observés entre mars et juillet 2020 en raison de la crise sanitaire.
Depuis dix ans le taux de participation aux dépistages des cancers n’a fait que diminuer. Une diminution amplifiée de manière dramatique par la pandémie CoViD-19. Cette diminution a atteint en moyenne 21 % en 2020 par rapport à 2019.
En outre la France est loin derrière ses voisins européens.

Proposition 2 : En finir avec le tabac en 2030

 

Un cancer sur trois est dû au tabac sans parler des nombreuses aux autres  pathologies liées au tabagisme

Le tabagisme fait encore plus de 75 000 victimes chaque année en France. Près de 60 % des fumeurs réguliers souhaitent arrêter de fumer. Il faut donc aider les fumeurs et protéger les jeunes générations de l’entrée dans cette addiction cancérigène en allant plus loin dans les mesures : généraliser l’interdiction de fumer aux abords de tous les établissements scolaires français, faire qu’en 2030 toutes personne née après 2011 ne puisse acheter de produits du tabac en France, poursuivre l’augmentation des prix du tabac et renforcer la lutte contre son commerce illicite.

Rappelons que, chaque année en France, 200 000 jeunes commencent à fumer.

Proposition 3 : accompagner et soutenir la personne dans sa globalité :

 

3,8 millions de personnes en France ont vécu ou vivent avec un cancer.

Les soins de support (soutien psychologique, activité physique adaptée, conseils en diététique…) sont essentiels au bien-être des personnes dès l’annonce de la maladie et après la fin des traitements. Pourtant l’accès à cette offre de service complet et sécurisé n’est pas garanti partout et pour tous.

L’accès aux informations sur l’offre de soins de support est très faible en établissements de santé. Le virage ambulatoire a creusé les inégalités géographiques, sociales, et financières d’accès aux soins. Les restes à charge demeurent très importants malgré la mise en œuvre du nouveau forfait cancer.

 

Proposition 4 : soutenir tous les aidants

 

11 millions de proches aidants non professionnels accompagnent les personnes malades en France. Près d’un Français sur 10 aide actuellement une personne atteinte de cancer. Ces proches apportent un soutien moral, technique ou encore financier, et participent de manière invisible à la qualité de l’accompagnement de la personne malade. Pourtant ils n’ont pas tous accès aux congés de proche aidant, qui permet de suspendre temporairement son activité professionnelle, pour s’occuper de son proche malade.
« Sans mes proches, je ne m’en serais jamais sorti tout seul » c’est un constat décrit par beaucoup de personnes malades. Et pourtant seuls les proches aidants de personnes handicapées ou de personnes âgées en perte d’autonomie permanente, ont actuellement accès au congé de proche aidant. Cela exclut de ce dispositif tous les aidants de personnes malades du cancer de moins de 60 ans.
L’incidence professionnelle de l’aide apportée est majeure. Ainsi, 10 % des aidants ont dû arrêter ou adapter leur activité professionnelle en raison de l’aide apportée à leurs proches atteints d’un cancer, à défaut de pouvoir bénéficier du congé de proche aidant.

 

 

 

 

Proposition 5 : Quand on finance la recherche, elle avance :

 

16 milliards d’euros est le coût annuel de la prise en charge des cancers pour le système de santé nationale.

La recherche scientifique et médicale est notre meilleur atout pour lutter efficacement contre les effets néfastes du cancer et pour améliorer la prise en charge des personnes malades. Nous devons donner à la recherche sur les cancers des moyens à la hauteur des défis scientifiques et médicaux posés par ces pathologies.

Il faut apporter un soutien massif à la recherche fondamentale, il faut renforcer le lien entre la recherche fondamentale et la recherche clinique, il faut revaloriser le métier de chercheur en assurant aux jeunes doctorants de vrais débouchés de carrière et une rémunération au niveau des grands pays de recherche (Chine, États-Unis, Royaume-Uni).

Proposition 6 : imposer des stocks de médicaments

 

68 % des oncologue estiment que les pénuries de médicaments ont un impact sur la survie de leurs patients sur cinq ans.

Les pénuries de médicaments anticancéreux persistent et continuent de s’aggraver en France : une situation désastreuse pour les personnes malades.

Les professionnels de santé, comme les personnes malades du cancer, ne devraient pas subir aujourd’hui encore les conséquences d’un système de production défaillant.

On propose d’imposer des stocks de médicaments de sécurité de quatre mois, d’étendre la durée d’affichage des sanctions à l’encontre des laboratoires pharmaceutiques sur le site de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, de mettre en place une liste de priorités pour les personnes qui n’ont pas eu accès aux médicaments prescrits en premier lieu, d’assurer la mise en place d’études pour mesurer l’impact des pénuries sur les chances de survie, de garantir le droit à l’information des personnes malades par la création d’une plate-forme

 

Proposition 7 : accès aux soins palliatifs de qualité, une question de dignité

 

26 départements français dont la Guyane et Mayotte sont dépourvus d’unité de soins palliatifs

Malgré quatre plans nationaux sur les soins palliatifs établis dans le passé, l’offre de soins palliatifs ne s’est pas suffisamment développée et reste très inégalement réparti sur le territoire. Permettre à chacun un accès équitable aux soins palliatifs doit devenir une priorité.
L’objectif que chaque région dispose d’au moins 1 lit de soins palliatifs pour 100 000 habitants est loin d’être atteint.
L’accompagnement psychologique de la personne malade et de sa famille n’est souvent pas à la hauteur de l’épreuve endurée. Les formations médicales et paramédicales vis-à-vis des soins palliatifs sont encore trop peu développées. Enfin la connaissance des malades de leurs droits vis-à-vis de leur prise en charge est encore limitée et doit être améliorée.

Il faut donc mener des actions de communication grand public sur les droits existants, créer une campagne de sensibilisation à destination des médecins généralistes et des pharmaciens, mettre en place une formation obligatoire sur les soins palliatifs et la fin de vie auprès des représentants des usagers, proposer un dispositif d’accompagnement de la rédaction des directives anticipées, sanctuariser le rôle de la personne de confiance lors de l’accompagnement du malade

 

Proposition 8 : faire du droit à l’oubli le droit de se réaliser

 

120 000 cas par an sont des cancers à très bon pronostic.

Le droit à l’oubli c’est garantir aux personnes qui ont été touchées par la maladie, de pouvoir investir dans leur avenir sans que leurs antécédents de santé soient un obstacle. Les conditions pour accéder à ce droit à l’oubli sont encore trop restrictives, alors que le progrès de la science accroît chaque année les chances de survie face au cancer. L’accès au droit à l’oubli doit être plus que jamais facilité en faisant évoluer la grille de référence de la convention à AERAS et en réduisant à cinq ans le délai d’accès au droit à l’oubli pour toutes les personnes guéries.

Proposition 9 : La pollution de l’air n’est pas du vent.

 

40000 Français décèdent chaque année en France à cause de la pollution aux particules fines. Une politique de lutte ambitieuse contre la pollution de l’air doit être menée avec des moyens à la hauteur de l’enjeu qu’il représente pour notre santé et pour celles de nos générations futures.

On souhaite faire évoluer les réglementations afin de mieux protéger les actions, généraliser les rues scolaires interdites aux véhicules, augmenter les moyens financiers investis dans la recherche des liens existants entre polluants pesticides et cancer, accompagner la mise en place de zones à faible émission (ZFE) en développant les transports en commun et en offrant des prêts à taux zéro pour le renouvellement des véhicules privés.

 

Proposition 10 : alcool partout, santé nulle part

 

L’alcool la deuxième cause évitable de mortalité par cancer après le tabac en France. L’alcool est le premier facteur de risque évitable du cancer du sein.

Au vu du risque de cancer fortement aggravé par consommation d’alcool, les pouvoirs publics doivent élaborer enfin un véritable programme national de prévention, ambitieux et à la hauteur de ce qui est déjà réalisé pour lutter contre le tabagisme : L’alcool tient en France une place très importante, culturelle et économique. Le danger de la dépendance à l’alcool y est très sous estimé.

Il est souhaitable d’investir des moyens conséquents dans le « Dry January », campagne destinée à encourager la maîtrise de la consommation d’alcool en France, de fixer une taxation minimum au gramme d’alcool pur contenu dans chaque bouteille d’alcool afin de dissuader l’achat abusif, augmenter les taxes des accises, impôts indirects frappant certains produits de consommation dont l’alcool et le tabac, addictions les plus cancérigènes.

Août 2022