L’incidence des cancers de l’oropharynx positifs au papillomavirus humain (HPV) a rapidement augmenté au cours des dernières décennies chez les hommes aux États-Unis, de même que dans les autres pays développés.

Ce travail étudie l’effet de la vaccination HPV  sur le taux des affections HPV orales, cause principale des cancers HPV positifs de l’oropharynx. On a étudié une cohorte d’hommes et de femmes âgés de 18 à 33 ans de 2011 à 2014, échantillon de la population des USA.
Il est prévisible que les cancers oropharynx HPV positifs sont en passe de devenir les plus fréquents des cancers provoqués par HPV avec une majorité d’hommes.

Plus de 70 % des quelques 12 000 cancers de l’oropharynx diagnostiqués chaque année aux USA sont causés par l’HPV, dans 90 % par le type 16.

La vaccination par le vaccin quadrivalent (HPV  16,18, 6,11) et nonavalent (HPV  16, 18,6, 11,31, 33,45, 52,58) est recommandée pour les garçons et les filles de 9 à 26 ans.

Aux USA la vaccination HPV  a été recommandée pour les filles en 2006, autorisée pour les garçons en 2009, et recommandée pour eux en 2011. Les essais cliniques randomisés montrent une efficacité de 90 % dans la prévention des lésions précancéreuses ano-génitales. 
À l’inverse peu de travaux ont étudié l’effet de la vaccination HPV  sur les infections orales.

A notre connaissance cette étude est la première qui relate une réduction significative (100 %) dans la fréquence des infections orales à HPV  chez les hommes vaccinés. Cette réduction est particulièrement bénéfique car l’incidence des cancers oropharyngés HPV  positifs est trois à quatre fois plus importante chez les hommes que chez les femmes.

La vaccination HPV  est actuellement l’option de prévention la plus prometteuse pour endiguer la marée montante des cancers oropharyngés HPV positifs chez l’homme. Malheureusement, seuls 6,9 % des hommes ont été vaccinés entre 2011 et 2014. Mais en 2015, 49,8 % des garçons de 14 à 17 ans ont été vaccinés.

Néanmoins l’acceptabilité de la vaccination chez les hommes est nettement plus faible que chez les femmes ce qui empêche d’atteindre le niveau nécessaire à l’immunité masculine.  

On peut toutefois constater que la vaccination HPV  s’est associée à une réduction de la prévalence des infections orales par HPV  chez les jeunes adultes américains. Cependant, en raison du faible nombre de sujets vaccinés, le bénéfice sur la population a été très modeste, et particulièrement faible chez les hommes.

 

Pour en savoir plus : Effect of Prophylactic Human Papillomavirus (HPV) Vaccination on Oral HPV Infections Among Young Adults in the United State. 
Anil K. CHATURVEDI, Barry I. GRAUBARD, Tatevik BROUTIAN, Robert K.L. PICKARD, Zhen-Yue TONG, Weihong XIAO, Lisa KAHLE and Maura L. GILLISON
Journal of Clinical Oncology, volume 36, Number 3, January 20, 2018.