Actuellement la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) est “recommandée” en France (hélas non obligatoire) pour les garçons et les filles de 11 à 14 ans selon un schéma à deux doses. Un rattrapage avec trois doses est possible jusqu’à 19 ans révolus. Cette vaccination est également remboursée jusqu’à 26 ans chez les sujets immunodéprimés ainsi que chez les hommes homosexuels.
Depuis octobre 2023 le président Macron a lancé une campagne de vaccination “proposée” à tous les élèves de 5ème du public et du privé sous contrat. Le but affiché étant de vacciner 80 % des adolescents en 2030.
Cependant, l’Académie Nationale de Médecine s’alarme d’un retard vaccinal préoccupant en France : seuls 48 % des filles et 8,5 % des garçons sont vaccinés, soit moins de 30 % de la population visée. Un taux parmi les plus faibles d’Europe mettant la France, en termes de couverture vaccinale, au 28ème rang sur 31 pays européens.
La campagne de vaccination dans les collèges n’a pas décollé : Selon les villes seuls 6 à 25 % des collégiens auraient été vaccinés
L’Académie de Médecine propose l’extension de la vaccination jusqu’à l’âge de 26 ans, s’appuyant sur la constatation que 50 % des cancers du col de l’utérus sont dus à des infections contractées après l’âge de 20 ans. On constate également que le bénéfice de la vaccination reste important même chez les personnes infectées d’autant que dans 88 % des infections un seul génotype d’HPV est retrouvé alors que le vaccin GARDASIL ® en compte neuf.
Enfin plusieurs études ont montré l’efficacité du vaccin entre 16 et 26 ans sur les lésions pré-néoplasiques et sur les verrues génitales de la femme comme de l’homme. Cette extension vaccinale est d’ailleurs déjà pratiquée dans de nombreux pays, avec des résultats significatifs sur l’abaissement du nombre de cancers liés à HPV.
D'après Juliette DUNGLAS, Quotidien du Médecin hebdo n° 10 014, vendredi 9 février 2024