Le Centre Léon Bérard est le premier en Europe à acquérir le système NaviFus qui permet d’ouvrir de manière temporaire la barrière hémato encéphalique afin de faire pénétrer des médicaments anticancéreux de manière massive dans le cerveau.

Malgré ses progrès la médecine de précision du cancer connaît des échecs. Parmi lesquels les métastases cérébrales. En cause la barrière hémato encéphalique qui limite la pénétration des médicaments du sang au cerveau même si les métastases provoquent une rupture partielle de cette barrière.

Cependant la recherche avance plusieurs dispositifs sont ainsi testés depuis quelques années : Le premier a l’inconvénient de nécessiter un couplage avec une IRM,  le deuxième oblige l’ouverture du crâne pour installer un dispositif qui ne peut cibler que la tumeur en face de lui,  le troisième, le NaviFus ne possède lui aucun de ces inconvénients. C’est donc sur ce dispositif que le Centre Léon Bérard, centre expert dans la prise en charge des métastases cérébrales, a décidé de miser dans l’espoir d’offrir à l’horizon 2030 une nouvelle méthode thérapeutique contre les métastases cérébrales.

 

Acquis avec l’aide de la région via le Fonds européen FEDER (323000 €), et l’institut Shape-Med- Lyon (150000 €), le NaviFus mobilise des ultrasons focalisés transcrâniens non invasifs.

La technique consiste à injecter d’abord aux patients des micro bulles par voie intraveineuse puis l’appareil envoie des ondes sonores qui font vibrer les microbulles écartant alors de manière temporaire les cellules de la barrière hémato encéphalique.

“Les médicaments (chimiothérapie, thérapie ciblée) peuvent alors pénétrer dans la zone tumorale. L’enjeu est de pouvoir augmenter réellement la dose de médicaments. Si on peut multiplier par 5 ce sera très important. L’objectif est de faire régresser de manière durable des métastases voire de les faire disparaître” explique le docteur Louis LAROUQUERE neuro-oncologue au CLB. “C’est vraiment une marche d’escalier” souligne le professeur Jean-Yves BLAY directeur général du CLB et président d’UNICANCER.

Selon les médecins le dispositif est indolore pour le patient. Les seuls effets secondaires connus à ce jour étant un échauffement ou une irritation au niveau du crâne. Le patient est juste un peu contentionné, mais n’a pas besoin de masque, à l’inverse de la radiothérapie.La barrière se referme toute seule en 24 heures.

“Nous sommes les tout premiers en Europe à disposer de cet appareil qui ouvre de grandes perspectives cliniques et technologies. Nous ne sommes pas les seuls à travailler sur le sujet” précise Cyril LAFON directeur du laboratoire des applications thérapeutiques des ultrasons (LabTau, Inserm CLB Lyon I) qui cherche à rassembler 500 000 € pour lancer le premier essai clinique portant sur une trentaine de patients. Chercheurs et  médecins espèrent inclure dans l’essai clinique un premier patient en fin 2027 et décrocher une autorisation sur le marché en 2030.

 

Le Progrès 19 octobre 2026 Sylvie Montaron