Les « puffs », ces cigarettes électroniques jetables apparues en France en 2021, sont très attirantes pour les adolescents avec leur goût fruité ou acidulé, leur présentation vivement colorée et leur coût très modéré. L’ACT (Alliance Contre le Tabac) a d’ailleurs publié un sondage sur la perception et les usages de la Puff chez les 13-16 ans.

Réalisée avec l’institut de sondage BVA auprès d’adolescents âgés de 13 à 16 ans, cette enquête révèle que 13 % d’entre eux ont déjà testé la Puff tandis que plus d’un tiers affirme savoir précisément de quoi il s’agit.

Alors que la vente est interdite aux mineurs, 9 % indiquent en avoir déjà acheté. La Puff serait utilisée avant tout dans l’enceinte scolaire ou à la sortie des cours, avec un effet d’entraînement, 50 % des adolescents ayant testé ce dispositif sur incitation de leurs amis.

Selon l’ACT, la Puff, « composée de sels de nicotine, augmente les risques d’inflammation des voies respiratoires et impacte les acquisitions cognitives des plus jeunes ». Par ailleurs, le taux de nicotine (jusqu’à 20 mg/l) « est suffisamment élevé pour créer une forte dépendance et constituer une porte d’entrée vers le tabagisme ».
Des dangers perçus mais minimisés par les jeunes consommateurs : si 76 % qualifient la Puff de dangereuse pour la santé, la plupart relativisent les risques en l’évaluant comme seulement « plutôt dangereuse » (48 %).
Une grande majorité des adolescents interrogés (82 %) est toutefois consciente du risque de dépendance, mais sans que cela ne semble suffisamment dissuasif.
Quinze pour cent des adolescents âgés de 13 à 16 ans ont en effet déjà consommé ces puffs en France et, parmi eux, 47 % déclarent avoir commencé leur initiation à la nicotine par ce biais, selon l’enquête BVA pour Alliance Contre le Tabac (ACT) en 2023.

Le Parlement français a approuvé ce 13 janvier 2025 l’interdiction des « puffs.
Après une Assemblée nationale unanime la semaine dernière, le Sénat a approuvé l’interdiction par un vote à main levée.

La France est donc en passe de devenir le deuxième pays européen, après la Belgique, à interdire leur commercialisation sur son territoire, une dynamique également suivie par le Royaume-Uni qui a annoncé leur interdiction à la vente d’ici juin.
« C’est une grande victoire dans un double combat que nous menions : le combat écologique contre les batteries polluantes en lithium de ces puffs, et le combat sanitaire pour nos collégiens ciblés par cette consommation qui devient de plus en plus dangereuse », se satisfait auprès de l’AFP Francesca Pasquini.

 

Saluant une « avancée majeure », la Ligue contre le cancer a appelé dans un communiqué à « aller plus loin en interdisant les nouveaux produits et dérivés de la nicotine ».

« Grâce à cet engagement collectif, nous faisons un pas décisif pour protéger nos jeunes, lutter contre les addictions et combattre le tabagisme », a déclaré le ministre de la Santé Yannick Neuder lors de l’adoption définitive par l’Assemblée.

Les parlementaires impliqués dans cette loi ont également appelé le gouvernement à tenir ses engagements sur l’interdiction prochaine d’un autre produit, les « pouches », ces sachets de nicotine à usage oral.

La loi adoptée unanimement au Parlement le 13 février a été promulguée ce 25 février avec sa parution au Journal officiel.

« Sont interdites la détention en vue de la vente, de la distribution ou de l’offre à titre gratuit, la mise en vente, la vente, la distribution ou l’offre à titre gratuit des dispositifs électroniques de vapotage (…) qui sont préremplis avec un liquide et ne peuvent être remplis à nouveau, qu’ils disposent ou non d’une batterie rechargeable. Cette interdiction ne s’applique pas aux cartouches », indique le texte de la loi, datée du 24 février.

D’après Quotidien du Médecin du 13 février 2025 (Dr Irène DROGOU)