- Pourquoi cette recherche ?
Grâce aux progrès de la recherche, l’espérance de vie des patients atteints de cancer s’est améliorée, notamment avec l’arrivée de nouveaux traitements comme l’immunothérapie capable d’activer le système immunitaire des patients contre les cellules cancéreuses. Malheureusement, ces traitements innovants n’ayant été évalués dans les essais cliniques que chez des patients atteints de cancers « fréquents » (sein, poumon prostate…), ils leur sont réservés, et ne sont pas disponibles pour les patients atteints de cancers « rares » en l’absence de preuve d’efficacité (moins de 6 cas pour 100 000 habitants).
C’est pour cette raison que les médecins du CHU de Lyon (Hospices Civils de Lyon) ont construit le projet national académique IMMUNORARE. Celui-ci vise à proposer aux patients atteints de 5 types différents de tumeurs rares, un essai clinique testant 2 traitements d’immunothérapie innovants (le Domvanalimab et le Zimberelimab).
IMMUNORARE a ainsi pour objectif de tester l’efficacité d’une combinaison d’immunothérapie sur ces cancers rares, afin qu’ils puissent être mis à disposition thérapeutique de ces patients en soin courant, en cas de résultats positifs.
- Comment se passera-t-elle ?
IMMUNORARE est un projet de recherche clinique disponible aux patients atteints de 5 types de cancers « rares »: 1) mésothéliome du péritoine (cancers de l’enveloppe de l’intestin), 2) tumeurs trophoblastiques gestationnelles (cancer de la grossesse), 3) cancers du thymus (glande en haut du thorax), 4) cancer de la thyroïde (glande dans le cou), et 5) cancers neuroendocrines (cancers des glandes produisant des hormones). Ce projet sera ouvert dans 12 villes de France, et coordonné par les Hospices Civils de Lyon en lien avec les centres nationaux de référence de chacun de ces cancers rares.
Les 134 patients participant à l’essai auront une maladie s’étant aggravé malgré le traitement standard initial. Ils pourront alors avoir la chance de recevoir ces 2 traitements innovants simultanément, et ce aussi longtemps que le cancer est sous contrôle.
- Quel est le but de la recherche ?
L’objectif à court terme est de donner accès à ce traitement innovant par double immunothérapie aux patients atteints de ces cancers rares. Il s’agit d’une première mondiale ! En cas de résultat favorable, c’est-à-dire une efficacité supérieure par rapport au traitement standard à base de chimiothérapie, nous espérons déposer des dossiers auprès des autorités de santé pour que ce traitement soit mis à disposition des patients en soin classique.
- Quelle serait l’utilisation du soutien du Comité de l’Ain de la Ligue ?
Seul le cœur de l’essai clinique est financé dans le cadre de la collaboration avec le laboratoire Gilead. Cependant, pour que ces traitements puissent un jour être admis en soin courant, il est nécessaire de conduire des analyses supplémentaires destinés à mieux comprendre comment ce traitement exerce ses effets, notamment: 1/les mécanismes d’action de ces immunothérapies sur ces types de cancers, et 2/ les marqueurs permettant de sélectionner dès le diagnostic les patients qui pourraient bénéficier de ce traitement à l’avenir. Nous sommes à la recherche de soutiens financiers pour ces projets de recherche biologique et de recherche en biostatistique. Dans notre CHU, nous avons les chercheurs hautement qualifiés dans les techniques de pointe. Cependant, nous avons besoin d’un soutien financier pour l’achat de réactifs, d’instruments de laboratoire, de logiciels et d’ordinateurs puissants. Le soutien de la Ligue contre le cancer de l’Ain nous permettra de mener ces recherches destinées à mieux comprendre les mécanismes d’action de cette immunothérapie, et mieux sélectionner les patients qui pourraient en bénéficier à l’avenir en soin courant.