Par Dr Irène Drogou – Publié le 29/08/2024 Quotidien du Médecin Week-end
Les ministères de la Santé et de l’Éducation annoncent proposer de nouveau cette année la vaccination HPV gratuite aux élèves de 5e.
La vaccination des élèves de 5e contre le papillomavirus (HPV), qui avait connu un début poussif l’an dernier, sera reconduite pour la nouvelle année scolaire, ont indiqué ce 28 août les ministères de la Santé et de l’Éducation.
L’an dernier, lors de la première édition de cette campagne de vaccination contre les papillomavirus à l’origine de nombreux cancers (col de l’utérus, vulve, vagin, ORL, anus…), le ministère de la Santé s’était fixé l’objectif de vacciner au moins 30 % des élèves de 5e au collège.
Des chiffres officiels provisoires, début février, montraient que seuls 10 % des collégiens de 5e avaient reçu une première dose. Mais en tenant compte des vaccinations en cabinet libéral, la couverture vaccinale a progressé de 17 points chez les filles et de 15 points chez les garçons de 12 ans, entre le début et la fin de la première phase ciblant les élèves de 5e, selon Santé publique France.
420 000 adolescents vaccinés
Près de 420 000 adolescents de 12 ans (48 %) ont ainsi reçu une première dose de vaccin. « Compte tenu de ces premiers résultats encourageants, la campagne de vaccination sera reconduite cette année », a indiqué le ministère de la Santé et de la Prévention.
La vaccination sera ainsi de nouveau proposée gratuitement à tous les élèves entrant en classe de 5e à la rentrée. Les autorités régionales de santé (ARS) et rectorats seront chargées d’organiser la campagne, précise le ministère. Le schéma vaccinal se compose de deux doses espacées de six mois. La vaccination complète à deux doses pourra être réalisée soit sur une seule année scolaire soit sur deux années scolaires, en fonction de l’organisation choisie dans la région.
La vaccination sera réalisée par des professionnels de santé sous organisation des ARS (et non par des personnels de santé de l’Éducation nationale).
Dispositif renforcé autour du vaccin Gardasil 9
L’accord écrit des deux titulaires de l’autorité parentale est nécessaire, indique encore le ministère. Pour sensibiliser les parents, des messages leur ont été adressés à la fin de l’année scolaire écoulée. « Un second courrier leur sera diffusé d’ici quelques jours afin de réitérer le message d’information », précise le ministère.
L’an dernier, les collèges privés avaient été peu nombreux à proposer cette vaccination. La campagne a pu être affectée par le décès d’un collégien près de Nantes, victime d’une chute après un malaise post-vaccinal. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui a mis en place un dispositif renforcé autour du vaccin Gardasil 9 dans le cadre de la campagne, rapporte qu’aucun signal de sécurité n’a été détecté tout en rappelant l’importance de la surveillance post-vaccinale pour prévenir les blessures.
Interrogée ce 26 août, la ministre démissionnaire de l’Éducation nationale Nicole Belloubet a assuré que les collèges privés « se sont engagés à reprendre cette campagne si la responsabilité complète de l’organisation vient des équipes de l’ARS ». L’objectif du gouvernement est toujours d’atteindre 80 % d’enfants vaccinés à l’horizon 2030.
Vaccination anti-HPV dans les collèges : le Gardasil 9 confirme son profil de sécurité, indique l’ANSM
Par Coline GARRÉ – Publié le 29/04/2024 Quotiddien du Médecin
Depuis octobre 2023, 46 cas d’effets indésirables ont été déclarés à la suite d’une vaccination contre les cancers HPV dans le cadre de la campagne vaccinale dans les collèges. L’Agence nationale de sécurité du médicament rappelle l’importance de la surveillance post-injection.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) n’a pas identifié de nouveaux risques liés au vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) lors de la première phase de la campagne nationale de vaccination des élèves de cinquième, selon un communiqué publié ce 29 avril.
Depuis début octobre 2023, démarrage de la campagne dans tous les collèges publics et les établissements privés volontaires, 46 cas d’effets indésirables ont été déclarés après une première dose anti-HPV, a indiqué l’agence. « Il s’agit majoritairement d’effets post-vaccinaux connus et non graves de Gardasil 9 », comme des réactions au site d’injection (rougeurs, douleurs et/ou inflammation), des céphalées, des sensations de vertige, des troubles gastrointestinaux, de la fièvre, de la fatigue, a-t-elle précisé. Tous ces effets peuvent apparaître rapidement après la vaccination et durent peu, selon l’ANSM.
Durant la première phase de vaccination en collège, « aucun nouveau signal de sécurité n’a été identifié : cela signifie qu’il n’y a pas eu de nouveau risque soupçonné d’être en lien avec le vaccin », souligne l’agence du médicament.
L’âge moyen des personnes touchées par des effets indésirables déclarés est de 12,3 ans. Ces effets sont principalement survenus chez des garçons. « Si les données de vaccination par sexe ne sont pas disponibles à ce jour, cela peut néanmoins témoigner d’une proportion plus grande des injections chez les garçons pendant la campagne, contrairement à la période précédente où les jeunes filles étaient historiquement plus vaccinées que les garçons », indique l’ANSM.
Importance de la surveillance post-vaccinale
Après le décès d’un collégien victime d’une chute après un malaise post-vaccinal, l’Agence du médicament avait recommandé d’allonger ou d’asseoir au sol les élèves après la vaccination.
Alors que la campagne de vaccination contre le papillomavirus se poursuit à partir d’avril avec les deuxièmes doses, l’ANSM rappelle l’importance de cette surveillance, pendant 15 minutes après l’injection, notamment « pour prévenir des blessures suite à un malaise ou une syncope ».
Début février, le Conseil d’État a rejeté un pourvoi de l’association E3M, qui réclamait un moratoire sur la campagne au motif que les vaccins contre le papillomavirus humain provoqueraient la myofasciite à macrophages. Le Conseil d’État a mis en avant, entre autres justifications, le « bon profil de sécurité » du vaccin utilisé, le Gardasil 9, sur le marché depuis quinze ans. « Les données disponibles à ce jour confirment que le profil de sécurité de l’ensemble des vaccins utilisés contre le HPV est bien établi après plus de 15 ans d’utilisation et 300 millions de doses administrées dans le monde : ils sont sûrs et efficaces », insiste l’ANSM.
L’ANSM publiera un second rapport après l’administration des deuxièmes doses, toujours en lien avec le réseau français des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV).
La vaccination des adolescents contre le papillomavirus a connu une augmentation notable en France depuis le démarrage de la campagne au collège, y compris en médecine de ville. Chez les adolescents de 12 ans, la couverture contre les HPV a progressé de 17 points fin 2023 par rapport à fin 2022, en atteignant 48 % (55 % des filles et 41 % des garçons). L’objectif était d’atteindre 60 %. Plus globalement, la couverture à partir de 15 ans a progressé chez les filles (55 % pour une dose en 2023 versus 48 % en 2022 ; 45 % pour le schéma complet à 16 ans et plus versus 41 %) et chez les garçons (26 % pour une dose à 15 ans versus 13 % en 2022 ; 16 % pour 2 doses à 16 ans versus 8,5 % en 2022), selon les dernières données de Santé publique France.