Le mois de septembre est dédié au soutien à la lutte contre les cancers pédiatriques. Lancé en France en 2016 par l’Institut Gustave Roussy, Septembre en Or est l’extension du mouvement « Gold September » né en 2012 aux États-Unis. L’enjeu de cette campagne est de sensibiliser le grand public sur les cancers de l’enfant et de l’adolescent, leur spécificité dans le diagnostic et leur prise en charge, mobiliser des fonds pour élaborer les traitements de demain.

Maladies rares : les cancers de l’enfant sont des cancers rares. Ils ne représentent que 1 à 2 % l’ensemble des cancers. Contrairement aux cancers de l’adulte, qui sont principalement des carcinomes (à partir du tissu épithélial), les cancers pédiatriques sont principalement des leucémies, des lymphomes, et des tumeurs embryonnaires au niveau d’organes ou de tissus en développement. Cela explique leur croissance souvent très rapide, due à la forte proportion de cellules en division. Cette croissance très rapide n’est pas en lien avec la gravité.

Quelques chiffres caractérisent les cancers de l’enfant : 

1700 cas avant l’âge de 15 ans
800 cas chez les jeunes de 15 à 18 ans
50 % des cancers pédiatriques surviennent avant l’âge de cinq ans

1 enfant sur 440 est susceptible de développer un cancer

–leucémies : 28 % des cas
–tumeurs du cerveau et de la moelle : 25 %
–lymphomes : 11 %

80 % des enfants atteints de cancer guérissent dans les pays « riches ». Ce chiffre tombe à 30 % dans les pays à faible revenu.

Particularité des cancers pédiatriques :

Il est très rare qu’on puisse les expliquer par des facteurs environnementaux ou de modes de vie.
Certaines infections chroniques sont des facteurs de risque avéré dans les pays à faible revenu : HIV, virus Epstein Barr, paludisme.
L’Hépatite B et le virus humain (HPV) contractés à l’adolescence peuvent entraîner cancer du foie et cancer du col de l’utérus chez l’adulte jeune.
Seuls 10 ans des enfants atteints d’un cancer ont une prédisposition génétique.

La relatif rareté de ces affections entraîne une difficulté majeure pour la compréhension de leurs mécanismes biologiques, de leurs facteurs de risque, et de la prise en charge thérapeutique.

Les essais de nouvelles thérapeutiques sont réalisés plus tardivement chez l’enfant que chez l’adulte du fait du petit nombre de cas susceptibles d’être testés et du fait de la complexité de la réalisation de ces essais. Toutefois actuellement les industriels du médicament sont de plus en plus incités et contraints à faire des études de développement des médicaments anticancéreux chez l’enfant.

Il faut souligner que dans la plupart des cancers de l’enfant les médicaments actifs chez l’adulte donnent de moins bons résultats car les cancers pédiatriques différent de l’adulte et ne mettent pas en jeu les mêmes mécanismes d’action. C’est particulièrement vrai pour les thérapies immunologiques basées sur les lymphocytes T modifiés.

Pour cette raison les oncopédiatres travaillent actuellement sur des cellules immunitaires de type macrophage et non sur les lymphocytes T, tandis que  d’autres recherchent des combinaisons de plusieurs immunothérapies associées.

Conséquences possibles à long terme des cancers pédiatriques :

–ménopause précoce
–stérilité, mais la cryopréservation des ovaires est systématiquement proposée
–insulinorésistance ou diabète
–affections cardio-vasculaires précoces
–problèmes thyroïdiens
–second cancer : risque 3 à 10 fois supérieur à celui de la population générale.

Prise en charge thérapeutique globale :

Les modalités thérapeutiques diffèrent évidemment le type de cancer et le stade de la maladie. L’objectif est d’obtenir la guérison de l’enfant avec un minimum de conséquences à court, moyen et long terme, tout en préservant sa qualité de vie pendant et après le traitement.
Ce qui nécessite d’associer une prise en charge multidisciplinaire et des soins de support.

Prise en charge multidisciplinaire :

–implication de médecins de spécialités différentes
–implication de professionnels de différents domaines : social, éducatif, psychologique…
–relation étroite entre l’hôpital et les soignants de ville

Soins de support :

–prise en charge des effets secondaires des traitements (nausées, vomissements, fatigue…
–prise en charge de la douleur
–suivi diététique
–conseils administratifs
–suivi psychologique de l’enfant et de sa famille (parents, frères et sœurs). L’annonce du diagnostic de cancer chez l’enfant et la perspective des traitements peuvent être dévastateurs pour l’enfant et pour sa famille. Ce peut être insurmontable sans aide pour les parents qui doivent, continuer à travailler, être attentif aux frères et sœurs du petit malade et parvenir à se rendre le plus possible auprès de lui alors qu’il est souvent hospitalisé dans un centre spécialisé loin du domicile.