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2017_9_Être atteint d'un cancer après 75 ans, le refus de la fatalité
VIVRE, juin 2017, pp 36-40

Parce que l'espérance de vie s'allonge, les pathologies liées au vieillissement se multiplient, et parmi elles, le nombre de cancers augmente. Pour comprendre l'impact du cancer chez les personnes âgées de 75 ans et plus, la Ligue contre le cancer a mené une enquête avec l'institut Ipsos, dont les résultats ont été publiés en juin dans le rapport de L'observatoire Sociétal des Cancers : Synthèse.

 

Trop longtemps le cancer chez les seniors en France n'a pas été un sujet d'étude prioritaire. Pourtant, parmi les 355 000 nouveaux cas de cancer diagnostiqué en 2012, près d'un tiers concernait une personne âgée de plus de 75 ans. Et d'ici à 2050, un cancer sur deux surviendra dans cette catégorie de la population !

Les formes les plus fréquentes de la maladie chez les personnes âgées sont les mêmes que dans la population, tous âges confondus, à savoir la prostate, le colon-rectum, le sein et le poumon.

Mais la prise en charge s'accompagne généralement d'autres troubles, voire d'autres pathologies, ce qui complique grandement la décision thérapeutique, comme l'accompagnement de ces personnes malades, d'autant que la tendance est aujourd'hui à un raccourcissement des séjours hospitaliers, et au développement des traitements en ambulatoire, à domicile.

Mais en l'absence d'entourage proche, la question du suivi médical et de la coordination des soins se pose. C'est dans ce contexte qu'a été mené L'observatoire Sociétal Des Cancers de 2017 sur le thème « Avoir un cancer après 75 ans, le refus de la fatalité ».

 

Globalement, les personnes âgées vivent plutôt bien avec la maladie

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'étude révèle que près de la moitié des personnes interrogées atteintes d'un cancer le vivent bien. Le plus souvent, elles sont en rémission depuis en moyenne deux ans, ce qui tend à prouver qu'il y a une vie après le cancer, même pour les sujets âgés. Elles sont également plus jeunes (52 % ont moins de 80 ans) et vivent majoritairement en couple (57 %). Et pour un quart d'entre elles, leur revenu mensuel dépasse les 2300 €.

Les personnes déclarant vivre « sereinement » avec la maladie sont de l'ordre de 38 %. En cours de traitement depuis plus de deux ans en moyenne, elles ont majoritairement moins de 80 ans et les deux tiers d'entre elles vivent en couple. Un tiers d'entre elles a un revenu mensuel net se situant entre 2300 et 4500 €. Paradoxalement, le suivi médical des pathologies cancéreuses crée un cadre qui peut rassurer de nombreuses personnes et participe à la vision positive de leur situation, et de leur place dans la société.

L'étude montre néanmoins qu'il existe des personnes malades, essentiellement des femmes (74 %) en situation de grande souffrance. Moins nombreuses (16 % des personnes interrogées), elles cumulent de nombreuses difficultés. Pour la plupart, elles sont toujours en cours de traitement (44 %) et sont plus âgés (54 % ont plus de 80 ans). Et plus des deux tiers de ces personnes vivent seules et disposent d'un faible revenu (40 % vivent avec moins de 1000 € nets par mois).


 

Des malades comme les autres

 

D’une manière générale, l'étude montre que les personnes âgées atteintes de cancer conservent les aspirations naturelles des retraités d'aujourd'hui, à savoir profiter de la vie tant que leur corps le permet.

D'ailleurs, pour plus de 8 personnes sur 10, la qualité de vie est plus importante que le nombre d'années à vivre. Cela se traduit par le fait de pouvoir continuer de pratiquer les tâches de la vie quotidienne (se laver, s'habiller, faire le ménage, préparer le repas, jardiner…), ou encore d'être en contact avec leur entourage proche (conjoint, enfants, petits-enfants…).

Pour le grand public, les personnes âgées atteintes d'un cancer sont d'abord des malades comme les autres. Ainsi 85 % des Français estiment que tout doit être mis en œuvre pour les soigner et 72 % qu'ils doivent bénéficier des meilleurs traitements.

Pour plus des deux tiers des Français, l’âge n'est pas un critère pour juger de la gravité de la maladie. Et 83 % des personnes interrogées considèrent qu'il ne faut pas arrêter de soigner les personnes atteintes d'un cancer à partir d'un certain âge.

 

Les proches, pilier de leur bien-être

 

Chacun à leur niveau, les membres de la famille ont un rôle primordial à jouer auprès de leurs proches âgés atteints d'un cancer. Ils peuvent les aider à la compréhension des diagnostics et des traitements, notamment en organisant leurs rendez-vous médicaux, et en les accompagnant lors des consultations, mais aussi les soutenir pendant les phases de traitement et les maintenir dans un certain niveau de socialisation et de qualité de vie.

Les résultats de l'enquête montrent aussi à quel point le voisinage ou les amis peuvent être un vecteur important d'amélioration du vécu des personnes âgées malades, notamment lorsqu'elles sont isolées. Il permet également aux aidants de souffler un peu, de disposer d'une surveillance non négligeable de l'état de leurs proches lorsqu'il n'habite pas avec lui et, tout simplement, de recevoir un peu d'aide.

 

Enfin, avoir une activité, même très restreinte (promenades, jeux de cartes, visites aux voisins…), constitue un levier essentiel pour garantir la qualité de vie des sujets âgés. Toutes les personnes malades en retirent de profondes satisfactions, alors même que ce qu'elles font peut sembler anodin et relever du quotidien.

Elles permettent de conserver un lien avec l'extérieur, de s'astreindre à des sorties, de se forcer à ne pas rester à la maison et de restructurer un emploi du temps qui dépend un peu moins, ou pas uniquement, des effets de la maladie.


Mais le plus important, c'est que ces activités renforcent leur sentiment d'utilité, leur redonne une place plus importante au sein de la famille, et devienne une raison de continuer à vivre et à se battre.


 

Éloignement, solitude…, des facteurs aggravants

 

Enfin, l'étude a permis d'identifier certains facteurs aggravants du vécu de la maladie. Parmi eux, l'éloignement géographique avec les structures de soins renforce le sentiment de dépendance pour 90 % des personnes malades interrogées. De même, le sentiment de solitude accentue leur crainte de finir leur vie à l'hôpital (68 %).

Si les malades qui ont besoin d'aide dans les tâches quotidiennes, ont peur d'être trop dépendants vis-à-vis de leurs proches, ils sont 61 % à estimer avoir pleinement leur place dans la société.

Enfin, plus de six personnes âgées sur 10 sont traitées pour un ou plusieurs problèmes de santé (diabète, troubles neurologiques, troubles cardiaques, hypertension artérielle, séquelle d’AVC  ou d'infarctus…) depuis plus de six mois en dehors de leur cancer. La présence de ces comorbidités fait que 49 % des malades s'adaptent plus difficilement au changement dans leur vie quotidienne.

 

Lynda Taormina, Vivre, juin 2017, numéro 374 , pp 36-40