Ligue contre le Cancer
Comité de l'Ain

 

56 Rue Bourgmayer
Bourg en Bresse 01

Tél:  04 74 22 58 96
  
www.liguecancer01.net

               

Chercher

   

   
Actualités  
A la une
Dernières actualités
Les dossiers
Agenda
   
Le Comité de l'Ain  
Son organisation
Ses résultats
Les Délégations cantonales
La vie des Délégations
Nous contacter
   
Nos missions  
Soutenir la recherche
Les dépistages
Prévention Information
L'aide aux malades
   
Comment nous aider  
Faites un don
Devenez bénévole
Devenez partenaire
Faites un legs
   
Informations utiles  
Avez vous une question ?
Documentations
Adresses et liens locaux
La Ligue et le cancer
Cancer Info Service
   
   
 
      Les dossiers du Comité de l'Ain  

 

 

 

 

Retour à la liste des dossiers

2015_11. Surtout ne pas s'enflammer face au cancer
Baptiste GUEY (CRCL, Inserm U 1052 - CNRS 5286)

Baptiste GUEY, doctorant dans l’équipe de Virginie PETRILLI (Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon, Inserm U 1052, CNRS 5286) a obtenu le 1er Prix de vulgarisation scientifique de la fondation ARC, le prix Kerner, sur le travail que le comité de l’Ain de la Ligue contre le cancer a financé, rôle de l’inflammasome NLRP3 dans les tumeurs mammaires.

Vous trouverez ci après le texte de son travail. 

Par ailleurs, Mélanie BODNAR, doctorante dans la même équipe, a soutenu sa thèse le 23 octobre dernier. Son travail, qui portait sur l’inflammasome NLRP3 dans le cancer du poumon a été hautement apprécié par tous les membres du jury de thèse.

     
Virginie Pétrilli et ses élèves B.Guey et M.Bodnar  B.Guey reçoit des bénévoles de la Ligue

INFLAMMASOME NLRP3, MICROENVIRONNEMENT et PROGRESSION TUMORALE MAMMAIRE

 

Surtout ne pas s’enflammer face au cancer 

L’inflammation est la réponse de notre organisme face a une agression. Cette inflammation sert avant tout à faciliter le recrutement de cellules immunitaires et ainsi empêcher la propagation du danger. L'apparition de cellules tumorales provoque également une inflammation au sein d'un tissu. Si le rôle principal de l'inflammation est de participer à l'élimination des tumeurs, de nombreuses recherches démontrent qu'elle favorise aussi leur développement ! Notre étude vise à déterminer le rôle de l'inflammation au cours de la progression des tumeurs mammaires.

 

L'inflammation, une arme à feu redoutable en temps normal : 

Telles des patrouilles de police, nos cellules immunitaires circulent en permanence dans notre organisme à l'affût de tout signal de danger. En effet, les virus et les bactéries sont composées de molécules que notre système immunitaire est capable de reconnaître. Mais ce n'est pas tout ! Nos propres cellules, lorsqu'elles sont endommagées, libèrent des molécules que notre système immunitaire reconnaîtra comme des signaux de danger.

En cas de détection de l'un de ces signaux, les cellules immunitaires réagissent et déclenchent une inflammation salutaire. Cette inflammation provoque tout d'abord une dilatation des vaisseaux sanguins et le recrutement d'un grand nombre de cellules immunitaires au sein du tissu touché. L'inflammation booste ensuite la réponse immunitaire pour détruire le danger en favorisant la libération de molécules antibiotiques très puissantes. Lorsque le danger est enfin écarté, c'est encore l’inflammation qui permet la régénération du tissu endommagé via la sécrétion de nombreux facteurs de croissance. 

L’inflammasome, un complexe tout feu tout flamme 

Parmi tous les détecteurs présents dans nos cellules, l’inflammasome est l'un des complexes les plus importants (voir zoom ci après). Lorsqu'il détecte un signal de danger émis par des virus, des bactéries ou des cellules mourantes, il provoque la sécrétion d'une cytokine centrale de la réponse inflammatoire : L’IL-1Beta. Si cette cytokine est plus connue pour son rôle contre les pathogènes, on la retrouve également dans l'environnement de nombreux cancers, et notamment dans les cancers du sein.

Si l'on sait que l'inflammation est nécessaire pour répondre efficacement contre le développement des cellules tumorales, il apparaît qu'en retour de flamme, elle favorise également la croissance de ces cellules. Au laboratoire, nous essayons de déterminer le rôle de l’inflammasome au cours du développement des tumeurs mammaires.

 

Le cancer : un feu de forêt incontrôlable ! 

La multiplication de cellules tumorales au sein d'un tissu provoque la libération de facteurs de danger. En se multipliant, les cellules tumorales épuisent leur environnement et nombre d'entre elle meurent par manque d'énergie ou d'oxygène. Les cellules mourantes libèrent alors des signaux qui activent la réponse inflammatoire.

Tout d'abord, cette inflammation provoque le recrutement de macrophages afin de faire le ménage. Tandis que les macrophages tentent de détruire le tissu, les lymphocytes ciblent les cellules anormales afin de les détruire.

Les cellules tuées par les lymphocytes libèrent alors des signaux de danger activant à leur tour la réponse inflammatoire, et provoquant une inflammation chronique.

Inflammasome et cancer :

Nos expériences montrent que lorsque l’inflammasome est absent de cellules immunitaires, la croissance des tumeurs mammaires est réduite. Ces données suggèrent qu'au cours de la prolifération des cellules cancéreuses, l'activation de l’inflammasome par les signaux de danger favorisent la croissance des cellules tumorales.

De plus, de manière paradoxale, l'absence de l’inflammasome semble également booster la réponse immunitaire anti tumorale. De par ses nombreuses fonctions, l’inflammasome semble donc favoriser la croissance de la tumeur tout en atténuant la réponse anti tumorale.

Ces avancées permettent d'envisager d'utiliser les traitements anti-inflammatoires ou permettant d'activer l'activation de l'inflammation pour lutter contre la progression des tumeurs mammaires.  

Zoom : l’inflammasome 

Une cellule est constituée de deux composants majeurs : l'ADN et les protéines. L'ADN contient notre code génétique et est traduit en protéines. Les protéines permettent à nos cellules de fonctionner et possèdent des fonctions extrêmement variées.

L’inflammasome est composée de plusieurs protéines. L'une d'elles est un récepteur permettant de détecter les anomalies à proximité de la cellule. Lorsque ce récepteur est activé, il transmet le signal aux autres protéines qui ensemble permettront à la cellule de sécréter une cytokine inflammatoire : L’IL-1 béta.

Un peu de précision :

-Macrophages : le macrophage est un type de cellule immunitaire. Il est capable de phagocyter (absorber) les éléments qui sont autour de lui. Il permet notamment d'éliminer les débris laissés par les cellules mourantes ou de neutraliser des bactéries ou des virus à proximité.

-Lymphocytes : les lymphocytes font partie des cellules de notre système immunitaire adaptatif. C'est-à-dire qu'elles sont capables de cibler et tuer les cellules infectées par des virus ou bactéries et les cellules tumorales.

-Cytokine : une cytokine est une protéine qui circule dans notre corps afin d'activer la réponse immunitaire.

-IL-1 béta : c'est une cytokine régulée par l’inflammasome. Elle agit sur notre hypothalamus pour induire la fièvre, provoque le recrutement des cellules immunitaires à l'endroit de l'affection, et favorise la croissance des vaisseaux sanguins. 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

Baptiste GUEY

 

 

 

Mélanie BODNAR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Ségolène de Boudemange