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2013 02  Nouvelles données sur la survie des cancers : des résultats encourageants
David BILHAUT Quotidien du Médecin Lundi 11 février 2013, N° 9217, page 3
et Communiqué de presse de l'INCa janvier 2013

L'Institut national du cancer (INCa), l'Institut de veille sanitaire (InVS), les Hospices civils de Lyon et le réseau FRANCIM publient un nouveau rapport intitulé « Survie des personnes atteintes de cancer en France 1989-2007 », qui montre une amélioration de la survie pour la plupart des cancers.
Il reste cependant des localisations de mauvais pronostic qui renvoient à l'importance des actions de prévention primaire. La nouvelle méthode utilisée pour la première fois — estimation de la survie nette — permet de mieux comprendre la surmortalité liée aux cancers.


« Il ne faut pas parler de la survie du cancer mais de la survie des cancers », a rappelé le Dr Pascale Grosclaude, présidente du réseau des registres du réseau FRANCIM, lors de la présentation la semaine dernière du second rapport sur la survie des personnes atteintes de cancer en France.
Réalisé en partenariat avec le service de biostatistique des Hospices civils de Lyon (HCL), l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'Institut national du cancer (INCa), ce rapport porte sur 427 000 personnes, soit tous les nouveaux cas diagnostiqués entre 1989 et 2007, chez les patients âgés de plus de 15 ans, recensés dans 12 départements.

La survie nette :

L'étude s'appuie pour la première fois sur un nouvel indicateur de santé publique,
la « survie nette », c'est-à-dire survie que l'on observerait si la seule cause de décès des patients atteints de cancer était le cancer.
« La survie nette présente moins de biais par rapport à la précédente méthode de calcul sur la survie relative. Elle permet de s'affranchir des autres causes de décès et de mieux comprendre la surmortalité liée aux cancers », résume le Pr Agnès Buzin, présidente de l'INCa.

Cette nouvelle méthode, validée par la communauté internationale, constitue dorénavant la référence dans le domaine. La France est le premier à l'utiliser pour fournir des estimations de survie.

Ont ainsi pu être mesurées les survies à 1,3,5 et pour la première fois également à 10 ans après un diagnostic de cancer dans 47 localisations (tous stades confondus). Par rapport aux précédentes estimations de 2007, « le recul est plus important », soulignent les auteurs.
Les résultats mettent en évidence une amélioration de la survie dans la majorité des cancers par rapport à la précédente étude publiée en 2007.
Mais elle confirme une forte disparité selon la localisation; avec un taux de survie à 10 ans qui s'échelonne de 1 % dans le mésothéliome de la plèvre à 93 % dans le cancer du testicule.

Globalement, les cancers de mauvais pronostic (survie nette à 10 ans inférieure à 33 %) représentent 40 % des cancers chez l'homme et seulement 16 % des cas chez les femmes, tandis que les cancers de bon pronostic (survie nette à 10 ans supérieure ou égale à 66 %) représentent 52 % des cancers chez la femme et seulement 28 % chez les hommes, indique le rapport.
Ces moins bons résultats observés chez l'homme s'expliquent essentiellement par la fréquence plus élevée de cancers de mauvais pronostic (cancers du poumon, oesophage, foie...) alors que les femmes présentent une incidence plus élevée de certains cancers de bon pronostic comme le cancer du sein ou celui de la thyroïde.

Des résultats parfois paradoxaux.
Parmi les cancers les plus fréquents, accessibles au dépistage et à la prévention, celui de la prostate présente une amélioration de la survie nette à 5 ans qualifiée de
« spectaculaire » (90 % à 5 ans en 2002 contre 70 % en 1990) et due « à la fois à une avance au diagnostic du fait du dépistage individuel par le dosage PSA et à une prise en charge plus efficace et plus précoce » .

Pour le cancer du sein (89 % en 2002 contre 81 % en 1990), cette évolution est
« attribuée aux progrès thérapeutiques majeurs réalisés au début des années 2000 et à une augmentation de la proportion des cancers découverts à un stade précoce en lien avec le développement de la pratique du dépistage ».

Une progression de la survie nette est observée dans d'autres cancers fréquents comme le cancer colorectal (57 % en 2002 contre 53 % en 1990) ou le mélanome cutané (87 % vs 84 %), mais ce n'est pas le cas de celui du col de l'utérus dont l'évolution de la survie nette à 5 ans régresse légèrement (64 % en 2002 contre 68 % en 1990).
« Cette tendance est paradoxalement le résultat positif du dépistage par frottis qui existe en France depuis 25 ans. Les cancers diagnostiqués au stade invasif sont donc moins nombreux, mais ils comportent une proportion plus importante de cancers de mauvais pronostic, d'où la diminution de la survie au cours de la période de l'étude », précise le rapport.


Ne pas crier victoire.
« On note quelques cas particuliers, notamment en hématologie où l'on trouve que la survie est plutôt moins bonne que dans le rapport précédent. Cela peut s'expliquer par de nouvelles classifications qui font que les données de survie ne sont probablement pas comparables entre les deux rapports », ajoute le Pr Buzin. « Les résultats sont globalement encourageants puisqu'on observe une amélioration du pronostic pour un nombre important de cancers. Il ne faudrait pas non plus crier victoire en se disant qu'on a réussi à traiter tous les cancers », tempère le Dr Pascale Grosclaude.
« Il reste un certain nombre de points assez sombres, avec des cancers de mauvais pronostics qui demeurent difficiles à traiter », à l'image du cancer du poumon dont l'évolution de la survie nette à 5 ans ne progresse que très légèrement (15 % en 2002 contre 14 % en 1990).

Le Dr Grosclaude souligne que, contrairement aux hémopathies malignes ou à la leucémie myéloïde chronique, où les résultats anticipés par les cliniciens ont été confirmés par les estimations, les progrès dans le cas du cancer du poumon tardent à s'exprimer. « Les cliniciens font état d'une évolution encourageante mais qu'on ne retrouve pas. Deux explications sont possibles soit les progrès thérapeutiques sont encore trop récents pour apparaître dans les estimations, soit ils portent sur une proportion trop faible de malades pour avoir un retentissement réel sur l'ensemble des cas », explique-t-elle.

Et la présidente du réseau FRANCIM de conclure : « Par chance pour nombre de ces cancers, on peut diminuer leur incidence en insistant sur la prévention. Il faut donc continuer à lutter contre l'augmentation de la consommation d'alcool et de tabac, notamment chez les femmes et chez les jeunes. »


> DAVID BILHAUT


La survie fictive :

« Malgré son côté irréaliste, la survie nette constitue un indicateur très utile en santé publique », résume le Dr Nadine Bossard, responsable du service de biostatistique des Hospices civils de Lyon. Tandis que la survie globale ou survie brute correspond à une situation réelle où les décès de patients atteints de cancers peuvent émaner de différentes causes, la survie nette porte uniquement sur des décès qui ne sont hypothétiquement liés qu'à un cancer, en quelque sorte une survie fictive.


Des progrès pour la convention AERAS
(Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé

L'estimation de la survie nette «va aussi nous servir dans l'accompagnement des personnes pour faciliter leur réinsertion, avec des données chiffrées qui vont permettre de justifier certaines positions vis-à-vis des assureurs ou du retour à l'emploi », affirme Agnès Buzin, présidente de l'INCa.

« Il est très important pour nous d'améliorer cette connaissance de la survie en fonction des diagnostics. Cela reste encore insuffisamment précis à notre goût pour mieux adapter les traitements et mieux convaincre les assurances pour modifier leurs tarifs en fonction des stades de diagnostic », souligne-t-elle.

Tandis que la commission des études de la convention AERAS vise à modifier les pratiques des assureurs, cette nouvelle méthode de calcul de survie nette constitue selon la présidente de l'INCa un « atout clair ». « Dans cette commission, nous allons lancer cette année un certain nombre d'études pour répondre à des questions précises posées par la commission fin d'apporter des données réelles sur lesquelles les assureurs pourront baser leur calcul de surcoût du risque », ajoute le Pr Buzin.

Quotidien du Médecin N° 9217, lundi 11 février 2013, page 3

 

Communiqué de presse de l'InCa (Institut National du cancer)

Le réseau des registres des cancers Francim, le service de biostatistique des Hospices Civils de Lyon (HCL), l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national du cancer (INCa) publient le second rapport sur la survie des personnes atteintes de cancer en France. Une étude portant sur 427 000 personnes et 47 localisations de cancers.

La survie fait partie des indicateurs de santé fondamentaux dans le domaine de la cancérologie, avec la mortalité, l’incidence et la prévalence. Sa mesure est essentielle en santé publique et en épidémiologie pour juger de l’efficacité des actions mises en oeuvre dans toutes les dimensions de la lutte contre le cancer, préventives ou curatives.

Réalisée à partir des données des registres des cancers du réseau Francim, cette étude porte sur 427 000 personnes soit tous les nouveaux cas de cancer diagnostiqués entre 1989 et 2007 chez les patients âgés de plus de 15 ans, recensés dans 12 départements couverts par les registres participants à l’étude. Ce rapport fournit pour 47 localisations de cancers -tous stades confondus- des estimations actualisées de survie à 1, 3, 5 et 10 ans après un diagnostic de cancer.

Sur le plan méthodologique, c’est le concept de survie nette qui est mis en avant dans cette étude. La survie nette est la survie que l’on observerait si la seule cause de décès des patients atteints de cancer était le cancer, contrairement à la survie globale (ou brute)1 pour laquelle toutes les causes de décès sont prises en compte. Cet indicateur de santé publique constitue un indicateur épidémiologique important. Il permet, des comparaisons entre pays et entre différentes périodes à l’échelle d’une population, car il ne dépend pas de la mortalité liée aux autres causes de décès (mortalité pouvant être différente d’un pays à l’autre ou d’une période à l’autre).

1 Pour une interprétation clinique il est préférable d’utiliser la survie brute ou globale

> Les principaux résultats :

§ Des variations considérables selon les localisations cancéreuses:

L’étude confirme que la survie des personnes atteintes de cancers varie considérablement selon la localisation cancéreuse : la survie à 10 ans varie ainsi de 1% à 93%.
Les cancers de mauvais pronostic (survie à 10 ans inférieure à 33%) représentent 40% des cancers chez l’homme et seulement 16% chez les femmes.
Les cancers de bon pronostic (survie à 10 ans supérieure ou égale à 66%) représentent 52 % des cancers chez la femme et seulement 28% chez les hommes.

Ces résultats s’expliquent en grande partie par une fréquence plus élevée de cancers de mauvais pronostic chez les hommes (cancers du poumon, des voies aéro-digestives supérieures, du foie). Chez les femmes, le cancer du sein, cancer le plus fréquent, est de bon pronostic. Par ailleurs, pour un même cancer, les femmes ont souvent une survie supérieure à celle des hommes

§ Une amélioration de la survie pour la plupart des cancers

Une amélioration de la survie à 5 ans est observée pour la plupart des cancers étudiés. Cette amélioration peut être attribuée au progrès dû aux traitements pour certains cancers mais aussi, pour une grande part, à un diagnostic plus précoce facilitant souvent la prise en charge

> Focus sur les cancers les plus fréquents et les cancers accessibles au dépistage et à la prévention

§ Cancer de la prostate
Nombre de nouveaux cas estimés en 2011 : 71 000*
Survie nette à 5 ans : 84 %, à 10 ans : 70 %
Évolution de la survie nette à 5 ans : en 1990 : 70 %, en 2002 : 90 %

La survie du cancer de la prostate s’est améliorée de façon spectaculaire. Elle est passée de 70% pour les cas diagnostiqués en 1990 à 90% en 2002. Cette amélioration est due à la fois à une avance au diagnostic du fait du développement du dépistage individuel par le dosage du PSA et à une prise en charge plus efficace car plus précoce.

§ Cancer du sein
Nombre de nouveaux cas estimés en 2011 : 53 000*.
Survie nette à 5 ans : 86 %, à 10 ans : 76 %
Évolution de la survie nette à 5 ans : en 1990: 81 %, en 2002: 89 %

L’augmentation de la survie est attribuée aux progrès thérapeutiques majeurs réalisés au début des années 2000 et à une augmentation de la proportion des cancers découverts à un stade précoce en lien avec le développement des pratiques de dépistage. Les cancers du sein se situent parmi les cancers de bon pronostic. Ces bons chiffres de survie ne doivent pas faire oublier que, du fait de sa fréquence, le cancer du sein reste la première cause de décès par cancer chez la femme.

§ Cancer colorectal
Nombre de nouveaux cas estimés en 2011 = 40 500* (21 500 hommes et 19 000 femmes).
Survie nette à 5 ans : 56 %, à 10 ans : 50 %
Évolution de la survie nette à 5 ans: en 1990 : 53 %; en 2002 : 57 %

Le pronostic des cancers du côlon et du rectum s’est amélioré au cours du temps en France. Cette amélioration de la survie s’explique par une plus grande précocité des diagnostics du fait d’une consultation plus rapide en cas de symptômes, la mise en place progressive d’un dépistage organisé du cancer colorectal mais aussi par une amélioration des prises en charge.

§ Cancer du poumon
Nombre de nouveaux cas estimés en 2011 = 39 500* (27 500 hommes et 12 000 femmes).
Survie nette à 5 ans : 14 % (homme : 13%, femme : 18%) ; à 10 ans : 9 % (homme : 9%, femme : 12%)
Évolution de la survie nette à 5 ans: en 1990 : 14 % (homme : 12%, femme : 17%) ;
en 2002 : 15 % (homme: 14%, femme : 18%)

Le pronostic du cancer du poumon est parmi les plus sombres des cancers. Malgré l’amélioration récente des prises en charge diagnostique et thérapeutique, aucune amélioration franche de la survie n’a été observée au cours du temps.

A l’heure actuelle, la meilleure arme pour lutter contre la mortalité liée à ce cancer, en forte augmentation chez la femme, reste toujours la lutte contre le tabagisme qui augmente chez les jeunes et les femmes.

§ Cancer du col de l’utérus
Nombre de nouveaux cas estimés en 2011 = 2 810*.
Survie nette à 5 ans : 66 %, à 10 ans : 59 %
Évolution de la survie nette à 5 ans : en 1990 : 68 % ; en 2002 : 64 %

La survie du cancer du col de l’utérus (forme invasive) a légèrement diminué. Cette tendance est paradoxalement le résultat « positif » du dépistage par frottis qui existe en France depuis 25 ans. En effet, le dépistage permet de repérer des lésions précancéreuses et à un stade précoce (non invasif). Les cancers diagnostiqués au stade invasif sont donc moins nombreux, mais ils comportent une proportion plus importante de cancers de mauvais pronostic, d’où la diminution de la survie au cours de la période d’étude. Il faut rappeler ici que le dépistage du cancer du col utérin est très efficace car il a entrainé en France une baisse importante de l’incidence et de la mortalité pour ce cancer.

§ Mélanome cutané
Nombre de nouveaux cas estimés en 2011 = 9 780*
Survie nette à 5 ans : 85 % ; à 10 ans : 80 %
Évolution de la survie nette à 5 ans: en 1990 : 84% ; en 2002 : 87%

Le mélanome de la peau est une tumeur de bon pronostic, s’il est diagnostiqué précocement. La survie a peu augmenté au cours du temps. L’amélioration de la survie reste liée à un diagnostic le plus précoce possible. Des progrès devraient pouvoir être obtenus, d’une part grâce à un examen clinique complet et régulier lors des consultations médicales et d’autre part grâce aux campagnes de détection précoce mises en place par les dermatologues.

* ces chiffres sont des projections, faisant l’objet d’une réévaluation régulière en fonctions des nouvelles données disponibles

Malgré les progrès de la survie mis en évidence dans cette étude, il reste toutefois des cancers de mauvais pronostic. C’est en particulier le cas des cancers associés au tabac et à l’alcool (cancers du poumon, des voies aéro-digestives supérieures) qui renvoient à l’importance des actions de prévention primaire afin de diminuer l’incidence de ces cancers.

Ce travail bénéficie d’un recul plus important que celui publié en 2007 (la survie ayant pu être mesurée à 10 ans) ainsi que d’une nouvelle méthode d’estimation de la survie nette. En effet, l’équipe des HCL a mis en oeuvre une méthode qui permet de fournir des estimations de survie (survie nette) plus proches de la réalité que les méthodes classiques utilisées précédemment (survie relative). Cette nouvelle méthode, validée par la communauté scientifique internationale, constitue dorénavant la référence dans le domaine. La France est le premier pays à l’utiliser pour fournir ces estimations de survie. De ce fait, il convient d’être prudent dans les comparaisons internationales entre les résultats issus de cette étude et ceux fournis par d’autres études internationales. Cette étude fait partie d’un programme de travail partenarial qui vise à optimiser l’utilisation des données des registres dans le but d’améliorer la prise en charge en cancérologie. Comme inscrit dans le Plan Cancer 2009-2013, ce type d’étude doit être reconduit régulièrement.

Rapport Survie des personnes atteintes de cancer en France (1989-2007) 
Synthèse du rapport Survie des personnes atteintes de cancer en France (1989-2007)

Contacts presse
InVS :
Katel Le Floc’h : 01 41 79 57 54 – k.lefloch@invs.sante.fr
INCa:
Florence Priolet : 01 41 10 14 44 – 06 20 72 11 25 - fpriolet@institutcancer.fr