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2011 05  Journée Mondiale sans Tabac : La France sur la mauvaise pente
Quotidien du Médecin N° 8974. Mardi 31 mai 2011. Page 6


À l'occasion de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU) appelle à la ratification universelle de la convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la lutte contre le tabac. Si la France a ratifié le texte, il lui reste beaucoup reste à faire pour respecter ses engagements.

« Le tabac a fait environ 100 millions de morts au XX' siècle et pourrait en faire 1 milliard de plus en ce siècle, si nous n'agissons pas », alerte Ban Ki-moon.
Pour enrayer cette tendance « la convention-cadre se révèle clairement efficace pour ce qui est de protéger la santé des habitants de tous les pays qui l'ont adoptée et la font respecter », estime-t-il.

Depuis 2003 et l'ouverture à la signature de la convention-cadre, 170 pays l'ont ratifiée. Encore faut-il appliquer les engagements du texte.
En France, malgré, par exemple, l'entrée en vigueur en 2008 de la loi restreignant la consommation de tabac dans les lieux publics, les infractions sont multiples, comme l'illustre le dernier baromètre Tabac IFOP réalisé pour le laboratoire GlaxoSmithKline.

Ainsi, « près d'un fumeur sur deux a déjà été confronté à une terrasse fermée où les gens fumaient », « un quart des fumeurs ont déjà vu un bureau où l'on fumait en dépit de la loi » et « 18 % ont déjà été dans des discothèques où le patron autorisait les clients à fumer « En France, on dispose sur le papier de bonnes mesures pour lutter contre le tabac, mais elles sont inefficaces car non appliquées souligne le Pr Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme (CNCT).
L'interdiction de vente aux moins de 18 ans n'est pas appliquée par les buralistes.
L'interdiction de la publicité sur les lieux de vente n'est pas respectée par 80 % des buralistes. L'interdiction de fumer dans les lieux publics n'est pas toujours respectée et n'est surtout pas contrôlée. »


Ingérence des cigarettiers.
«Actuellement en, France, on est dans une situation catastrophique avec une augmentation du nombre de fumeurs. Or ce n'est pas une fatalité. On sait ce qu'il faut faire. Il faut appliquer les recommandations de la convention-cadre de l'OMS », poursuit le Pr Martinet.
À commencer par l'article 5.3 sur la protection des politiques de santé publique en matière de lutte antitabac face aux intérêts commerciaux et autres de l'industrie du tabac.
« Appliquer en France cet article est fondamental pour mettre fin à l'ingérence de l'industrie du tabac et des buralistes dans les décisions de santé publique », insiste le président du CNCT.

« Le tabac est perçu par le gouvernement davantage comme un produit de perception de taxes qu'un problème de santé publique, alors qu'il fait 15 fois plus de morts que les accidents de la route. Aujourd'hui, l'État est totalement défaillant dans sa mission de protection de la santé des Français vis-à-vis du tabac », renchérit le Pr Bertrand Dautzenberg, président de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT).

> David BILHAUT

Les fumeurs ont modifié leurs habitudes

Selon le baromètre Tabac IFOP réalisé pour GlaxoSmithKline, près d'un fumeur sur deux a changé ses habitudes depuis 2008 et l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif.

D'après cette enquête, menée à partir d'un échantillon de 518 fumeurs, un peu plus d'un fumeur sur deux reconnaît profiter de courts passages à l'extérieur pour allumer une cigarette et fumer tôt le matin avant de se rendre au travail. Un tiers admet fumer deux cigarettes de suite avant d'affronter une période sans tabac.

Au restaurant, 52 % des fumeurs du panel s'abstiennent de fumer tout au long du repas. S'agissant du report d'addiction ou des habitudes annexes, un quart des fumeurs estiment consommer moins d'alcool, 16 % ne prennent plus de café et 14 % reconnaissent manger davantage.

Une association méconnue avec le cancer de la vessie

Si le lien entre cancer du poumon et tabagisme est connu du grand public, celui entre cancer de la vessie et tabac l'est beaucoup moins, ont souligné les laboratoires Pierre Fabre, qui soutiennent activement la Journée mondiale sans tabac, lors d'une conférence de presse.
Comme l'ont montré de grandes études épidémiologiques, le tabagisme est le premier responsable du cancer de la vessie, avant les maladies professionnelles (exposition à certains produits chimiques, goudrons...).

Le risque de ce type de cancer est deux fois plus élevé chez les fumeurs que dans la population générale. La toxicité du tabac pour la vessie s'expliquant par le « stockage » dans cet organe de substances carcinogènes éliminées par les reins.
Le contact prolongé entre les substances toxiques du tabac et la paroi vésicale favorise le développement de tumeurs superficielles (cancers non invasifs) et de tumeurs invasives à évolution rapide.

Neuvième cancer par ordre de fréquence dans le monde, deuxième cancer le plus fréquent de l'appareil génital après celui de la prostate, le cancer de la vessie est responsable en France de près de 5 000 décès par an, et environ 11 000 nouveaux cas sont répertoriés annuellement.
Les hommes sont plus touchés que les femmes, tout au moins jusqu'à présent.
Ce cancer touche essentiellement les personnes âgées de plus de 65 ans.
On note ces dernières années une diminution de son incidence (-2,5 % par an), grâce, notamment, à la baisse du tabagisme et à une meilleure maîtrise des risques professionnels.
Le risque est réduit par le sevrage.
La détection des premiers symptômes de tumeur vésicale, une hématurie macroscopique couplée dans 20 % des cas à des symptômes urinaires (pollakiurie, impériosité mictionnelle, brûlures à la miction), permet un diagnostic précoce.

Des traitements chirurgicaux endoscopiques appropriés sont mis en œuvre, suivis d'instillations endovésicales (chimiothérapie ou immunothérapie).
L'objectif est la préservation de la vessie.
Toutefois, le risque de récidive est élevé et une surveillance régulière est impérative afin d'améliorer la survie.
Dans le cas de tumeurs déjà invasives, la cystectomie est pratiquée avec un système de dérivation externe (poche sur la paroi abdominale).
Parfois, une vessie de substitution est créée à partir de l'intestin. Parallèlement, une chimiothérapie est mise en œuvre, notamment en présence de métastases, pour prolonger la survie.
Le rôle du tabac est indiscutable dans ce type de cancer et le seul moyen de réduire son incidence est le sevrage tabagique. Son incidence est directement liée à l'ancienneté du tabagisme et au nombre de cigarettes fumées par jour.

Une réduction immédiate du risque du cancer de la vessie a été observée chez les personnes qui ont arrêté de fumer. Cette réduction se poursuit; « passant de - 40 à - 60 % après 4 à 25 ans d'abstinence tabagique », souligne le Dr Étienne André (tabacologue, médecin de santé publique).

> Dr Martine DURON-ALIROL
* Conférence de presse organisée par les laboratoires Pierre Fabre médicament.

Les femmes enceintes fumeuses témoignent sur Internet

« La France est le pays européen où il y a le plus de femmes enceintes fumeuses. Les chiffres concernant le tabagisme de la femme enceinte n'ont pas évolué depuis 20 ans », constate l'association Droits des non-fumeurs (DNF). « On estime que 36 % des femmes sont fumeuses avant le début de leur grossesse et que 22 % continuent de fumer pendant tout ou partie de celle-ci », rappelle l'association.
Afin de mieux comprendre pourquoi ces femmes poursuivent leur consommation de tabac malgré les risques inhérents pour l'enfant, DNF a observé sur Internet des échanges réalisés entre femmes sur des forums destinés à la grossesse (magicmaman.com, doctissimo.fr, famili.fr).
« D'une manière générale, les risques sont souvent sous-évalués ou sous-estimés », résume DNF.
L'analyse des messages postés sur ces forums montre que, souvent, « les informations fournies par les professionnels de santé ne sont pas comprises ou sont déformées ».
L'enquête a par ailleurs relevé plusieurs fausses idées récurrentes dans ces forums, concernant le tabagisme durant la grossesse, du type : « Fumer n'a aucune incidence sur la fertilité » ; « Être enceinte suffit à se motiver pour ne plus fumer » ; « Fumer n'a pas de conséquence sur la croissance et le développement du bébé » ; « Fumer quand on est enceinte est acceptable dans une certaine quantité » ; « Les patchs sont interdits quand on est enceinte » ou « Fumer dehors suffit pour éviter la contamination de la femme
enceinte et du bébé »
.
L'enquête souligne également le rôle fondamental du partenaire dans le succès ou l'échec de la démarche d'arrêt du tabac.
Enfin, de nombreux messages postés sur les forums soulèvent le problème du tabagisme passif. Beaucoup de femmes enceintes font part de leurs difficultés à gérer la consommation de tabac de leur conjoint et/ou de leur environnement.
Parallèlement à cette enquête, l'association DNF met en ligne un site d'information à destination des femmes enceintes : www.grossessesanstabac.fr.

> David Bilhaut.

Des consultations pour sensibiliser les jeunes

Écouter les jeunes et mieux comprendre leur rapport au tabac reste la clé de la prise en charge.
« Des messages de prévention, il y en a plein à destination des jeunes, mais au milieu de tous ces messages il n'y a pas grand-chose qui reste. C'est plutôt ce que l'on écoutera d'eux qui aura valeur de message », indique Véronique Garguil, psychologue qui travaille dans un centre de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) au centre hospitalier Charles-Perrens (Bordeaux).
Depuis 2008, ces structures spécialisées financées par l'assurance-maladie mènent des actions d'évaluation, d'information, de conseil personnalisé, de prise en charge brève, d'orientation et d'accueil du jeune et de son entourage dans le champ de l'addictologie.
« Il est important de situer la question du tabac sur le plan addictologique et sur le fait que, dans l'addiction, ce n'est pas tant le produit qui est primordial que la perte de contrôle que les jeunes ne perçoivent pas forcément », explique-t-elle.

« Face à l'hyper accessibilité du tabac, il faut que les lieux où ils peuvent en parler, on l'on peut les écouter, où l'on peut éventuellement travailler au changement de comportement vis-à-vis du produit soient aussi hyper accessibles »
, ajoute-t-elle.

Or ce type de structure de deuxième ligne reste méconnu de nombreux professionnels de santé. Les CSAPA sont situés dans chaque département.
Leurs coordonnées sont disponibles sur le site www.drogues-info-service.fr (rubrique « adresses utiles » puis « dispositif spécialisé »).

> David Bilhaut.


 

 

 

 

 

 

   

 

 

Le Bus anti Tabac de l'Ain


Docteur Patricia FAUROBERT
Médecin Tabacologue attachée au Comité de l'Ain de la Ligue contre le cancer