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2011 01  Réforme des retraites et cancer
 Vivre 2010 T3, N° 347

Les affections de longue durée (ALD) comme le cancer peuvent pénaliser les malades dans leur activité professionnelle. Arrêts maladie de longue durée, absences prolongées, retour à temps partiel, perte d'emploi, les circonstances qui induisent une baisse d'activité sont nombreuses.
Outre la baisse de revenu, travailler moins a des conséquences sur les cotisations de l'assurance retraite.
Raymonde, 92 ans, témoigne: «Après deux cancers, le docteur m'a obligée à travailler à mi-temps. Naïvement, je ne pensais pas que cela aurait un impact sur mes cotisations. Le jour de la retraite venue, celle-ci ne s'élevait qu'à 700 euros par mois! Si je ne percevais pas aujourd'hui la retraite de mon mari, je serai démunie. Et encore, j'estime avoir eu de la chance, moi, j'ai connu le plein emploi. »

Une durée de cotisations rallongée

Selon la réforme de la retraite, l'âge légal sera progressivement augmenté pour passer de 60 ans à 62 ans en 2018. De même, l'âge de 65 ans qui permet actuellement de prétendre à une retraite au taux plein quel que soit son nombre de trimestres de cotisations, passera à 67 ans d'ici à 2018. Il faudra donc travailler plus longtemps et plus vieux.
Cette prolongation de la durée d'activité implique que les personnes qui souhaiteront partir, notamment lorsque la maladie les y contraint, avant 67 ans sans avoir suffisamment cotisé subiront une pénalité sur leur pension.
 
«Maman de trois enfants, j'ai choisi de cesser de travailler pendant cinq ans. Puis j'ai dû faire face à un cancer des ovaires qui a retardé ma reprise d'activité. Après une coupure de près de sept ans, retrouver un emploi a été difficile, explique Patricia, 49 ans. Aujourd'hui, je suis secrétaire médicale dans le privé. Je sais déjà qu'à 60 ans et même 62 ans, je serai loin d'avoir cumulé tous mes trimestres. Pour ne pas subir de décote sur ma pension, je sais que je dois travailler jusqu'à 65 ans voire 67 ans avec la réforme! Est-ce que je vais pouvoir tenir jusque-là ? Et si je fais une rechute, quelle perspective me reste-il ?»

Une retraite à taux plein: un mirage ?

Commencer à travailler après de longues études, interrompre sa carrière pour élever ses enfants ou rencontrer des périodes de chômage ne sont pas les seules circonstances qui rallongent la durée de cotisation. La maladie vient aussi perturber la carrière. Un salarié gravement malade peut rencontrer de nombreuses difficultés pour reprendre son activité.
«A 52 ans, je suis en procédure de licenciement. Après mon cancer du rein, mon employeur a voulu se séparer de moi, confie anonymement un commercial dans l'informatique. Après la maladie, je dois à présent batailler pour négocier un bon licenciement qui me donnera un peu de temps pour décrocher un nouvel emploi. Je suis assez fataliste pour ma retraite. Pour une pension à taux plein, il me faut encore travailler plus de 15 ans. Je suis passé dans la tranche des seniors. Malgré mon réseau, retrouver un emploi à mon âge sera beaucoup plus difficile. »

Invalidité et inaptitude au travail, un dispositif particulier pour les personnes malades

Une maladie longue comme le cancer peut empêcher la reprise ou la poursuite du travail. La retraite peut alors être anticipée au titre de l'inaptitude au travail. En remplacement d'une pension d'invalidité (voir encadré p. 27) ou sur demande pour les personnes devenues inaptes, la retraite pour inaptitude permet d'obtenir une retraite calculée au taux maximum de 50 % dès 60 ans, quel que soit le nombre de trimestres cotisés.
«J'ai contracté une hépatite C au début des années 1990, puis j'ai eu un cancer du poumon. Très tôt, j'ai été considéré comme invalide pour la Sécurité sociale, explique Bruno, 60 ans. Cependant, le médecin du travail m'a tout de même déclaré apte au travail. Je n'ai donc jamais cessé de travailler. »
Avant 60 ans, être déclaré invalide et percevoir une pension d'invalidité, qui est calculée sur les dix meilleures années de salariat, n'empêche nullement de travailler.

«En mars 2004, mon état de santé ne me permettait plus d'assurer un temps plein. La fatigue physique, psychologique et la gestion de la douleur, tout cela était trop éprouvant. J'étais vraiment usé. J'ai eu beaucoup de chance, mon employeur a été compréhensif et m'a permis d'aménager mon temps de présence au bureau. J'ai pu faire du télétravail. A cette époque, j'ai choisi de cumuler un mi-temps avec ma pension d'invalidité. J'ai perdu 1/3 de mes revenus. »

Malgré la perte de salaire, l'invalidité peut présenter un avantage lors du passage à la retraite.
Quand vous êtes en invalidité, vous êtes automatiquement à la retraite à 60 ans sans décote, sauf si vous travaillez et que vous vous y opposez.
 
«Normalement, j'aurais dû partir à la retraite à 62,5 ans. Mais le système m'a été favorable. J'ai pu partir dès 60 ans. Je pense sérieusement que mon état de santé ne m'aurait pas permis de tenir deux ans et demi de plus ! »

Quel que soit le nombre de trimestres cotisés, une personne considérée comme inapte au travail (dont font notamment partie les invalides percevant une pension, comme Bruno) peut toucher une pension retraite à taux plein.

«La retraite pour inaptitude peut également être demandée par les personnes qui atteignent l'âge de soixante ans et qui sont en difficulté pour continuer à travailler du fait de la maladie», précise Véronique Kornmann, chargée de mission droits des personnes à la Ligue nationale contre le cancer auprès de la délégation actions pour les malades.

«L'inaptitude au travail doit être reconnue par le médecin-conseil de la caisse de retraite au vu d'un dossier médical. Peu de personnes malades connaissent ce dispositif que la réforme ne devrait pas changer, si ce n'est pour l'âge qui devrait être reculé à 62 ans. Ce seront donc deux années supplémentaires qu'il faudra travailler alors que la maladie a souvent occasionné une usure prématurée de l'organisme », signale Véronique Kornmann.

Séverine Aubert


Repères
• La France compte 16 millions de retraités
• La pension moyenne d'un retraité est de 1 400 € par mois
• La pension moyenne pour une carrière complète (60 % de retraités) est de 1 700 euros par mois