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2009 08  Cancer et grossesse
d'après Christine Angiolini : les Proches juin 2009 , N° 11

Cancer et Grossesse

Pourrai-je être enceinte après mon cancer? Mon enfant sera-t-il en bonne santé malgré les traitements que j'ai reçus ? Ma grossesse pourrait-elle me faire rechuter ?

Telles sont les principales questions qui taraudent bon nombre de jeunes femmes ... et les cancérologues, de plus en plus attentifs à l' envie de leurs patientes d'être mères.

Augmentation du nombre des cancers féminins parmi les jeunes femmes, amélioration du pronostic vital grâce aux thérapeutiques, élévation de l'âge moyen de la maternité ... Pour toutes ces raisons, les femmes qui souhaitent avoir un enfant après un cancer sont de plus en plus nombreuses. Depuis une dizaine d'années, les cancérologues se montrent plus réceptifs au désir d'enfant de leurs patientes. D'autant que certains traitements (chirurgie dans les cancers gynécologiques, chimiothérapie, hormonothérapie, et radiothérapie pelvienne) compromettent ou rendent impossible toute grossesse ultérieure.

« Dans les cancers du col de l'utérus ou de l'ovaire, on essaie dans la mesure du possible de choisir une chirurgie conservatrice afin de préserver la fertilité des femmes, dit le Pr Philippe Morrice, oncologue-gynécologue à l'Institut Gustave Roussy de Villejuif.
Chez d'autres patientes, on pourra, après discussion, opter pour une technique de préservation de la fonction ovarienne par exemple une cryopreservation ovarienne, même si ces techniques sont encore expérimentales. »

Reste que l'on dispose pour l'heure de données médicales incomplètes sur les liens entre cancer et grossesse.
Au fait, les oncologues préviennent-ils systématiquement leurs patientes de l' impact négatif de certains traitements sur la fertilité ?
Pas toujours. Céline, 40 ans, à souffert d'un lymphome à l 'âge de 30 ans : « J'ai subi une radiothérapie et une chimiothérapie. À cette époque, je ne songeais pas à avoir un enfant. De son coté, mon médecin ne m'a fourni aucune information quant aux répercussions de mon traitement sur la fertilité. Quelques années plus tard, j'ai appris que ces derniers pouvaient entrainer des stérilités. J'étais paniquée et révoltée. Heureusement, je suis tombée enceinte sans problème quelques années plus tard ! »

La peur d'une rechute
« Il est normal que les oncologues se donnent d'abord pour mission de sauver la vie de leurs patientes, affirme le Dr Isabelle Mole-Masson, psycho-oncologue. Mais il est essentiel que les femmes soient parfaitement informées sur les répercussions de leurs traitements sur la fertilité. Ce qui n'est pas toujours le cas. »

Autre question cruciale : une grossesse qui survient après un cancer peut-elle favoriser une rechute ? Selon plusieurs études, la grossesse n'augmenterait pas le risque de rechute pour la plupart des cancers à condition de respecter un délai d'au moins deux ans après les traitements. La crainte d'une rechute est cependant au cœur des préoccupations des femmes.
Et pas seulement durant leur grossesse : « J'ai passé mon contrôle des dix ans l'année dernière, ajoute Céline. Je me sens guérie, mais paradoxalement l'idée d'une rechute est encore plus présente depuis que je suis maman. »

En revanche, Estelle, 34 ans, n'a pu donner corps à son désir d'enfant. Elle est atteinte d'un Gist (une tumeur digestive rare et agressive) depuis cinq ans. Or, les thérapeutiques moléculaires qui lui sont prescrites peuvent être tératogènes pour le
fœtus : « Au début, j'ai laisse mon désir d'enfant de cote, car je devais d'abord penser à moi, raconte la jeune femme. les années passant, mes amies tombaient enceintes les unes après les autres. Comme j'ai déjà rechuté deux fois, il est hors de question d'interrompre mon traitement. J'ai pris conscience que je n'aurai jamais une vie normale. Du coup, j'ai décidé de rompre avec mon compagnon, qui avait très envie d'être père. »

Une décision thérapeutique se prend à plusieurs
Jeanne, elle, n'a eu aucun problème pour tomber enceinte. À 43 ans, elle attendait son premier enfant. Cette femme combative à la voix douce était tout à la joie d'être enceinte. Jusqu'au moment de la première échographie. le gynécologue diagnostique alors un gros fibrome. Lors de la deuxième échographie, on lui annonce qu'elle souffre d'un gros kyste à I' ovaire, qu'il faut opérer.
« Mais cela pourrait aussi être un cancer de l'ovaire », lui glisse son médecin.
Troublée, Jeanne continue néanmoins à vivre normalement.
Apres l'intervention, on lui annonce qu'elle souffre d'une tumeur de l'ovaire
« On m'a soumis deux scenarios: le premier était que je subisse une hystérectomie et donc que je renonce à mon bébé. le second était que je poursuive ma grossesse tout en subissant une chimiothérapie "douce". J'avais 48 heures pour prendre cette décision avec mon mari. J'ai cru que j'allais devenir folle! J'ai consulté une psychologue, puis nous avons décidé, mon mari et moi, de garder ce bébé. Il m'à beaucoup soutenue tout au long de cette épreuve. »
Une prise de décision délicate qui implique le couple mais aussi une équipe multidisciplinaire : oncologue, chimiothérapeute, radiothérapeute, chirurgien-obstétricien, néo-analogiste, psychologue ... Et une situation qui n'est pas rare : on estime qu'une femme enceinte sur 2 000 aura un cancer diagnostiqué pendant sa grossesse.


La grossesse de la dernière chance
Lorsque la maladie est diagnostiquée après le sixième mois de grossesse, l'enfant ayant atteint le seuil de la maturité, il est possible de traiter la mère juste après  l'accouchement, éventuellement déclenché plus tôt. II n'en va pas de même lorsqu'elle est découverte lors du premier ou du deuxième trimestre :
« Il y a encore une dizaine d'années, on ne se posait guère la question : on proposait aux femmes une interruption médicale de grossesse, remarque le Pr Morrice. Aujourd'hui, nous tentons de préserver au maximum la grossesse en donnant aux patientes des chimiothérapies adaptées à leur état, afin de leur permettre d'être traitées au mieux et de protéger la santé de leur bébé. Pour les patientes atteintes d'un cancer gynécologique, cette grossesse est souvent la dernière, car les traitements instaurés n'en permettront pas une autre. »

Découvrir son cancer pendant sa grossesse est un traumatisme psychique. À tel point que certaines femmes, portées par un désir inconscient de « protéger » leur bébé, s'inscrivent dans le déni de la maladie.
Ainsi Marianne, qui avait palpé une « boule » dans son sein, au début de sa grossesse, et devait faire des examens complémentaires ... qu'elle n'a jamais effectués ! Son cancer à été diagnostiqué après la naissance de son enfant.

Quant à Jeanne, qui à accouché par césarienne avant le terme de sa grossesse, elle a dû subir une ablation des ovaires et de l'utérus après avoir donné la vie. Une intervention salvatrice mais d'une grande violence. Violence contrebalancée par un instant de douceur : « Juste avant, on à placé mon bébé sur moi. Sophie a posé sa main minuscule sur mon visage. C'était comme si elle me murmurait : courage, ça va aller. »
La jeune maman a eu une chimiothérapie pendant huit mois. L'ombre du cancer, elle, s'est évanouie au fil du temps. Aujourd'hui, Jeanne est en rémission. Sophie à 7 ans. Elle va bien .•

Cancer et désir d'enfants
Certaines femmes optent parfois pour un don d'ovocytes. Un parcours sinueux, notamment en raison du faible nombre de donneuses. Par ailleurs, les dons d'ovocytes restent inaccessibles aux femmes qui ont subi une ablation de l'utérus dans le cadre du traitement de leur tumeur, car notre pays interdit le recours aux mères-porteuses.

« C'est une question complexe mais aussi une énorme source de frustration pour les femmes, notamment pour celles qui souffraient d'une tumeur de bon pronostic et qui sont aujourd'hui guéries », dit le Pr Morrice.
Et les nouvelles lois sur la bioéthique, prévues pour 2010, devraient maintenir  l'interdiction de la gestation pour autrui.
Il est aussi des femmes et des couples qui se tournent vers l'adoption. « Cette idée m'à effleurée, raconte Estelle. Mais je ne voulais pas prendre le risque d'exposer un enfant à une situation douloureuse du fait de ma maladie, car, pour l'instant, je n'ai aucune perspective de guérison. » «
Même lorsqu'une femme décide avec son compagnon d'adopter un enfant, elle ne fait pas pour autant l'économie du travail de deuil de ne pas pouvoir donner la vie »,
ajoute le Dr Mole-Masson.