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2009 06  Premier état des lieux de l'onco-gériatrie en France
Lydia Archimède : Quotidlen du Médecin n° 8582 4 juin 2009

Pour que le cancer ne soit plus une fatalité chez le sujet âgé

L'lnstitut national du cancer (INCa) a chargé sa mission onco-gériatrie d'établir un état des lieux de la discipline en France.

Le rapport, qui vient d'être publié, propose une série de recommandations à destination des décideurs afin que le cancer soit mieux pris en charge chez les personnes âgées.

Longtemps considérée chez la personne âgée comme une fatalité, le cancer n'a pas fait l'objet de dépistage ni même de diagnostic individuel précoce.

Même en présence de signes cliniques, le diagnostic de cancer est trop souvent retardé, expliquent les Prs Philippe Courpron et Jean-Pierre Droz au nom du comité de pilotage de la mission onco-gériatrie.

Pourtant, comme dans tous les pays développés, on vit plus longtemps et mieux.
A 76 ans, 1'espérance de vie moyenne est de 5,8 ans pour les hommes et de 6,7 ans pour les femmes. Quant au handicap lourd, s'il concerne actuellement 250.000 personnes de plus de 75 ans, il devrait, d'après divers scenarios prospectifs, diminuer fortement dans les prochaines années.

Changer le regard.
Le Pr Olivier Saint-Jean (hôpital européen Georges Pompidou, Paris) et Valérie Butions (économe de la sante, Lyon) le martèlent:
« Si une voiture finit nécessairement par s'user, il n'en va pas de même pour les organismes vivants en raison de leur capacité à s'adapter pour durer. .. Avec l'âge on ne devient pas défaillant de ses organes. Il n'y a pas de démence sénile, d'insuffisance . cardiaque sénile, d'insuffisance rénale sénile, etc., mais simplement des sujets ayant payé un prix plus ou moins élevé à des facteurs toxiques ou morbides au cours de leur itinéraire de vie. »

Il s'agit, pour les contributeurs au rapport commandé par le président de l'Institut national du cancer, le Pr Dominique Maraninchi, d'appeler à changer le regard que porte la médecine sur les sujets âges et sur la prise en charge des malades au grand âge.

« Beaucoup de traitements sont possibles après 80 ans et la demande légitime de prise en charge des malades très âgés doit être entendue. La sélection par l'âge n'a plus de sens, elle doit être remplacée par une prise en charge modulée par le désir des patients et par le savoir médical », soulignent-ils.

C'est d'autant plus essentiel en oncologie, où des traitements efficaces existent et où la demande de traitement curatif semble aussi forte que chez les sujets plus jeunes.

En 2005, le diagnostic de cancer a été posé chez plus de 90.000 personnes sur les
5 millions que comptait la population des plus de 75 ans. Cette population devrait doubler en 2050 et l'incidence des cancers devrait augmenter.

Près d'un tiers des cancers survient chez les plus de 75 ans, proportion qui devrait atteindre 50 % en 2050. Déjà, le cancer représente la première cause de mortalité après 60 ans. Le plan Cancer 2003-2007, dont la mesure 38 avait fixe comme objectif de « mieux adapter les modes de prise en charge et les traitements aux spécificités des personnes âgées », était déjà une reconnaissance de l'acuité du problème.


Recommandations.
Avec le rapport de l'INCa, pour la première fois, un état des lieux sur la question propose des recommandations pour révolution de la politique de prise en charge des personnes âgées atteintes de cancer. Celle-ci ne peut se limiter au strict soin du cancer mais « doit intégrer le patient dans une globalité bien plus importante que pour un adulte jeune, dans ses dimensions médicales, psycho-cognitives et sociales », précise le rapport.

Les membres de la mission insistent sur le niveau insuffisant des connaissances actuelles sur la prise en charge du cancer et des autres problèmes de santé chez le sujet âgé.
Des programmes de recherche doivent donc être développés en onco-gériatrie.
D'une manière générale, une meilleure coordination des moyens disponibles de l'oncologie et de la gériatrie semble nécessaire.

De même, les formations initiales et continues d'onco-gériatrie pour les médecins généralistes et les autres professionnels de santé doivent être développées.
Leurs recommandations spécifiques portent sur les différents thèmes abordés dans le rapport, en particulier le dépistage et le diagnostic précoce, le développement du parcours de soins, les spécificités des thérapeutiques.

La chirurgie reste la thérapeutique curative la plus souvent applicable même si des questions spécifiques se posent à cet âge. La décision doit, même chez la personne âgée, se fonder sur une information adaptée et un respect du libre arbitre du patient.
En cas de troubles des fonctions cognitives, elle devra être collégiale et s'appuyer sur réévaluation gériatrique, après avis de l'entourage et de l'équipe. Elle devra tenir compte d'une appréciation de la qualité de vie du patient ainsi que du ressenti de           l'entourage.

Les recommandations vont être intégrées dans les futures missions des unités de coordination en onco-gériatrie mises en place par 1'INCa depuis 2006.