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2009 04  Les traitements du futur
d'après : Vivre 2009 T1, N° 341

La recherche contre le cancer progresse vite. Très vite. Les axes de recherche et les résultats se multiplient. Plusieurs découvertes récentes ont permis aux chercheurs de mieux appréhender cette maladie et d'aider les médecins à donner à chaque patient le médicament le mieux adapté avec le dosage optimal.

Personnaliser les traitements des patients atteints de cancer est aujourd'hui une réalité très concrète. La recherche en est à un stade où la compréhension des mécanismes et des causes du cancer est telle que les médecins peuvent aujourd'hui mieux prévenir et mieux traiter.
Les efforts à fournir pour trouver de nouveaux traitements plus efficaces sont encore considérables.
De nombreuses pistes de recherche sont exploitées et aucune n'est à négliger. Certaines sont toutefois plus prometteuses, par exemple celles fondées sur les micro ARN, la génomique, les bio marqueurs ou les nano biotechnologies ou encore les cellules souches.
De l'avis des scientifiques, ces pistes déboucheront certainement sur de véritables révolutions pour le patient.
D'autres, comme les vaccins contre le cancer sont sources de grands espoirs.

Les mi-ARN: nouvelles cibles thérapeutiques
Nouvelle coqueluche des cancérologues, sujet du prix Nobel de médecine en 2006, les micro-ARN (appelés aussi mi-ARN) ont transformé la façon d'analyser la tumeur cancéreuse.
Bien que découvert il y a seulement une dizaine d'années, le potentiel de ces petites molécules est énorme. Imaginez, « 30 % de notre génome serait régulé par ces mi-ARN, et on en dénombre autour de 1 000 chez l'homme», lance Edouard Bernard (CNRS, Montpellier), un des spécialistes français des micro-ARN soutenu parla Ligue. En ciblant un mi-ARN, on pourrait inhiber le ou les gènes responsables de la création des protéines à 1'origine des cellules tumorales.

Petits par la taille, mais grands par l'intérêt qu'ils ont pour les chercheurs et les industries pharmaceutiques, ces mi-ARN sont le thème de prédilection de Fabien Darfeuille (Inserm, Bordeaux). Il a pu démontrer que certains cancers gastriques montraient une surexpression de mi-ARN spécifiques.
D'autres mi-ARN ont par ailleurs été identifiés comme suppresseurs de tumeur dans les cancers du foie et du sein, et ils ne doivent donc pas être sous-exprimés sous peine de voir les tumeurs grossir.
D'autres encore se sont révélés être associés à plusieurs cancers: le mi-ARN 101, par exemple, est un marqueur pour les cancers de la prostate, du sein, de la vessie, de l'estomac et du mélanome. Mesuré dans le sang, il pourrait ainsi servir au dépistage.

Un autre projet, mené dans le cadre du programme "Cartes d'identité des tumeurs" a pour but d'identifier les mi - ARN composant la signature moléculaire de la récidive d'une tumeur desmoïde (une tumeur touchant le tissu conjonctif). Cette recherche vient appuyer un projet porté à bout de bras par une patiente, atteinte de cette tumeur, qui a monté à elle seule une banque de tissus et a su trouver les partenaires cliniciens et biologistes pour obtenir le financement de la Ligue. Il s'agit là d'une des plus belles illustrations de la collaboration entre patients et chercheurs en France.

 
Les mutations « gènes du cancer », guide pour un traitement adapté
Dans un registre voisin, des avancées notables ont lieu également dans le domaine de la génomique. L'idée n'est pas seulement d'associer tel gène à tel cancer, mais surtout de comprendre comment la modification des gènes d'un individu cause la maladie.
Il y a quelques mois, des chercheurs américains ont identifié une dizaine de mutations génétiques dans les cellules cancéreuses d'une patiente atteinte de leucémie. Selon eux, ces mutations pourraient être la cause de la maladie et expliquer pourquoi les cellules cancéreuses résistent à la chimiothérapie.
Par ailleurs, un gène lié à la diffusion de métastases dans le cancer du sein vient tout juste d'être identifié. Surexprimé dans 40 % de ces cancers, il aiderait les cellules cancéreuses à adhérer aux vaisseaux sanguins d'autres organes. Tout comme les mi-ARN, ce gène pourrait devenir la cible de futurs traitements.

Détecter le cancer par un simple test sanguin
On l'a vu, les mi-A RN peuvent jouer le rôle de bio marqueurs. Mais les marqueurs du cancer prennent le plus souvent la forme de protéines, ces molécules synthétisées à partir de l'ADN. Plutôt que les techniques invasives toujours traumatisantes pour les patients, un simple test sanguin ne pourrait-il pas permettre de diagnostiquer un cancer?

Une équipe américaine vient de répondre à cette question en mettant au point un test capable d'identifier des protéines caractéristiques des cancers du sein et de la prostate. Le plus surprenant, c'est que ce test ne prend que dix minutes pour identifier 35 protéines dans une goutte de sang.
 
L'efficacité de ces biomarqueursva plus loin que le diagnostic. ils aident également au choix de la thérapie ciblée et, grâce à des mesures effectuées durant le traitement, ils permettraient de faire un meilleur suivi thérapeutique et de s'adapter à la façon dont chaque patient réagit au traitement.

Les nanobiotechnologies, au service des traitements ciblés sans effets secondaires
Les nanotechnologies, elles aussi, pourraient améliorer le suivi de l'efficacité d'un traitement.
Plusieurs instruments d'imagerie moléculaire en trois dimensions capables de « voir» à l'échelle nanométrique sont aujourd'hui en développement pour observer les " cellules au travail». Notons en particulier les microscopes à haute résolution, les systèmes à base de caméras ultrarapides et des sondes fluorescentes capables d'éclairer uniquement les cellules tumorales, des outils bien plus performants que les traditionnels rayons X, IRM et scanner.
La maîtrise des nanobiotechnologies pourrait permettre dans un avenir assez proche des diagnostics plus précoces, un meilleur suivi, mais aussi un meilleur ciblage thérapeutique et une réduction des effets secondaires. 

Des cellules souches ... cancéreuses, un nouvel espoir de traitement ciblé
Cibles des futurs traitements pour éviter les rechutes, il ne faut pas oublier que les cellules souches sont déjà utilisées à des fins thérapeutiques.  
Les cellules cancéreuses peuvent prendre des formes inattendues. On a découvert récemment que les récidives du cancer étaient dues à des cellules souches nichées au cœur de la tumeur et ayant résisté à la chimiothérapie.
Ces cellules peuvent, tout comme les cellules souches embryonnaires, évoluer en n'importe quel type de cellule (cœur, sang, peau, neurone, etc.).
D'où le concept de « cellule souche cancéreuse ».
Cette théorie semble être très bien démontrée pour plusieurs cancers, en particulier ceux du sein, de la prostate, du cerveau, et la leucémie. Le défi est donc de trouver des médicaments ciblant directement ces cellules pour les empêcher de se renouveler.

Malgré la position ambiguë de la France en matière d'éthique sur ce sujet, nos scientifiques sont en bonne position. Quatre lignées de cellules souches embryonnaires humaines sont aujourd'hui disponibles en France, dont trois à l'institut de recherche en biothérapie de Montpellier, dirigé par Bernard Klein. Ces lignées vont à coup sûr
 " booster " les découvertes en matière de cellules souches cancéreuses.
Les travaux de l'équipe de Bernard Klein sont d'ailleurs éloquents. Ils ont démontré, entre autres, que les cellules souches leucémiques, au contact de l'os, ne se divisent pas, et qu'elles sont résistantes à la chimiothérapie.
Les greffes de moelle osseuse faites depuis trente ans pour traiter les leucémies diminuent au profit des greffes de cellules souches« sanguines ».
 
Vu leur vaste potentiel. on comprend mieux pourquoi le prix Nobel de médecine 2007 a été décerné à trois spécialistes des cellules souches. Toutes ces recherches suscitent d'énormes attentes, aussi bien pour les scientifiques que pour les patients.